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03/11/2013 12:52 EST | Actualisé 03/01/2014 05:12 EST

Égypte: changement de dernière minute de l'emplacement du procès contre Morsi

LE CAIRE, Égypte - Les autorités égyptiennes ont changé dimanche l'emplacement où doit avoir lieu le procès du président islamiste déchu Mohammed Morsi, une modification de dernière minute après que les Frères musulmans eurent appelé à d'importantes manifestations devant l'édifice initialement choisi.

Le procès de Morsi, qui sera désormais tenu lundi dans l'est de la capitale, pourrait mener à de nouveaux heurts sanglants, alors que ses partisans feront sans doute face à un appareil sécuritaire qui a renforcé ses dispositifs et ses effectifs pour l'occasion.

S'exprimant lors d'une conférence de presse, le juge de la Cour d'appel Medhat Idris n'a pas donné de raison pour le changement d'emplacement, ajoutant que l'audience ne serait pas retransmise en direct à la télévision.

Morsi est détenu dans un endroit tenu secret, et n'a reçu que de rares visites et coups de téléphone depuis son renversement, le 3 juillet, lors d'un coup d'État appuyé par une partie de la population. Son procès sera sa première apparition publique depuis sa chute, ce qui contribuera possiblement à enflammer une atmosphère politique déjà particulièrement tendue.

L'ex-président est accusé d'incitation à la violence et au meurtre lors des heurts survenus l'an dernier devant le palais présidentiel.

L'académie de police hautement fortifié, dans une banlieue est du Caire, où le procès doit être tenu, a déjà été transformée en un palais de justice pour le procès d'un autre ancien président, Hosni Moubarak, qui a été renversé lors de la révolte de 2011.

La salle d'audience est devenue le théâtre d'un chaos indescriptible tout de suite après l'annonce du juge Idris, les partisans de Morsi scandant des slogans contre le pouvoir militaire, ce qui a poussé le magistrat a lancé ses notes dans les airs et à quitter rapidement la pièce.

Le procès de Morsi, qui s'est démarqué des Frères musulmans pour remporter la première élection présidentielle démocratique, est le plus récent chapitre du coup de force des autorités contre le groupe.

Chez les Frères musulmans, Shimaa Awad, un membre du parti politique issu de la confrérie, craint que la famille de l'ex-président ne soit maltraitée et humiliée si elle assiste aux procédures.

Ces remarques surviennent alors que le secrétaire d'État américain John Kerry se trouvait au Caire pour réclamer des réformes, dans le cadre de la plus importante visite d'un responsable américain depuis la chute de Morsi. Le coup d'État et la répression qui a suivi ont poussé les États-Unis à suspendre une aide évaluée à plusieurs centaines de millions de dollars.

Les probabilités d'une nouvelle confrontation entre les forces de sécurité et les partisans de Morsi, le jour du procès, sont très élevées. Un groupe mené par les Frères a appelé à d'importantes manifestations, tandis que le ministre de l'Intérieur a ordonné le déploiement de nombreux membres des forces de sécurité pour garder le tribunal.

Plusieurs groupes internationaux de défense des droits ont appelé les autorités à assurer que le procès soit juste et équitable.

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