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02/11/2013 02:32 EDT | Actualisé 02/01/2014 05:12 EST

Deux journalistes français enlevés et tués au nord du Mali

DAKAR, Sénégal - Deux journalistes en fonction pour une radio française ont été kidnappés et tués samedi par des hommes armés, confirment les autorités maliennes et françaises.

Leur mort survient quatre jours après que la France s'est réjouie de la libération de quatre de ses citoyens gardés prisonniers depuis trois ans par une faction d'al-Qaïda du nord de l'Afrique.

Il n'était pas immédiatement possible de savoir qui avait tué les journalistes. La France a lancé une intervention militaire en janvier dans son ancienne colonie afin de tenter d'évincer les djihadistes du pouvoir de Kidal et d'autres villes à travers le nord du Mali.

Des séparatistes rebelles sont retournés dans la région depuis.

Le président français, François Hollande, a exprimé «son indignation à l'égard de cet acte odieux».

Les envoyés spéciaux Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été kidnappés à Kidal par plusieurs hommes armés dans un véhicule 4x4 aux alentours de 13h, heure locale, après avoir fait une entrevue avec un chef rebelle touareg, ont révélé les autorités.

Leurs corps ont par la suite été abandonnés à une dizaine de kilomètres de la ville, sur une route menant à Tinessako, une ville à l'est de Kidal, selon un témoin et quatre responsables au courant du dossier.

Tôt samedi, la station de radio RFI a confirmé l'enlèvement de ses journalistes sur son site Internet, disant que Mme Dupont, 51 ans, et M. Verlon, 58 ans, avaient été enlevés à 13h par des hommes armés et n'avaient pas été revus ensuite.

«D'après les informations que j'ai, leurs gorges ont été coupées. Nous ne savons pas avec certitude qui les a enlevés, mais les témoignages que l'on reçoit indiquent que c'était des islamistes», a rapporté Lassana Camara, le préfet adjoint de Tinessako, ajoutant qu'une enquête suivait son cours.

Le lieutenant-colonel Oumar Sy, un officier malien basé à Kidal qui participe à l'enquête, a affirmé que tout indiquait que le coupable était le Mouvement national pour la libération de l'Azawad, un mouvement séparatiste touareg dont les rebelles ont envahi le nord du Mali l'an dernier. Les journalistes venaient de terminer une entrevue à la maison du chef du groupe, Ambeiry Ag Rhissa, lorsqu'ils ont été enlevés.

Depuis 2003, une faction de l'organisation al-Qaïda a également élu domicile dans le nord du Mali, enlevant des étrangers, spécialement des citoyens français, pour financer ses opérations.

Une entreprise spécialisée en renseignements internationaux, Stratfor, estime qu'al-Qaïda au Maghreb islamique a effectué 18 enlèvements depuis dix ans, réclamant des rançons totalisant environ 89 millions $ US.

Dans une entrevue accordée à l'Associated Press, Christophe Deloire, directeur général de Reporters sans Frontières, a fait part de son dégoût à l'effet que «deux journalistes d'expérience puissent perdre leur vie parce que des milices infâmes considèrent qu'il est normal de faire feu».

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