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Québec veut investir plus de 500 M $ dans l'électrification des transports

01/11/2013 01:19 EDT | Actualisé 01/01/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Québec entend consacrer plus d'un demi-milliard de dollars sur trois ans à sa politique d'électrification des transports.

La première ministre Pauline Marois a dévoilé vendredi à Montréal, devant les membres de l'Association de l'industrie électrique du Québec, les détails de sa stratégie d'électrification des transports.

Pour le grand public, cette stratégie prévoit notamment des subventions pouvant atteindre 8000 $ aux acheteurs de voitures électriques ou hybrides. Il y aura aussi une aide financière pouvant atteindre 1000 $ pour l'installation d'une borne de recharge à domicile.

«Quand on dit à des gens: vous pouvez vous acheter un véhicule électrique ou hybride et vous avez 8000 $ de rabais à l'achat, c'est intéressant, mais si je n'ai pas de borne pour me recharger? Qu'est-ce que vous voulez? À ce moment-là, ce n'est pas très intéressant», a expliqué la première ministre à l'issue de sa présentation aux membres de l'AIEQ.

Mme Marois a insisté sur le fait que le programme n'est pas limité à quelques initiatives ciblées. «C'est une stratégie globale, qui va de la recherche et l'innovation en passant par la commercialisation jusqu'au support au consommateur», a précisé la première ministre en conférence de presse.

L'objectif est d'ajouter 12 500 véhicules électriques sur les routes du Québec d'ici 2017, comparativement au programme précédent du gouvernement Charest, qui ne soutenait que l'achat de voitures électriques et qui s'est soldé par l'ajout de 1100 de ces véhicules sur deux ans.

«Actuellement c'est marginal et c'est ça qu'il faut casser, a reconnu Mme Marois. Mais pour ce faire, il faut qu'il y ait d'autres gestes qui soient posés et c'est ça la différence par rapport à ce qui s'est fait dans le passé. C'étaient des gestes un peu épars qui étaient posés.»

Parallèlement, Québec entend déployer 5000 bornes de recharge publiques à travers la province, sur les routes, dans les entreprises et les édifices gouvernementaux. Un premier projet pilote consistera à déployer un réseau de bornes le long de l'autoroute 40 entre Montréal et Québec.

Pour les transports en commun, des sommes ont été prévues pour déployer une flotte de 525 taxis électriques dans les villes de la province.

Par ailleurs, la stratégie propose l'électrification de l'axe Saint-Michel, à Montréal, avec la mise en service de 25 trolleybus électriques sur un trajet de près de 10 kilomètres d'ici 2017. La métropole est d'ailleurs au coeur de la stratégie, celle-ci comprenant le prolongement de la ligne bleue du métro et le système léger sur rail du futur pont Champlain. Le coût de ces trois projets n'est cependant pas compris dans l'enveloppe de la stratégie, leur financement devant provenir des fonds d'infrastructures.

Sur le plan gouvernemental, on annonce la création d'un Institut du transport électrique devant soutenir cet effort. Le gouvernent promet également l'électrification progressive et obligatoire de sa flotte de véhicules et un soutien aux municipalités qui feront des efforts en ce sens.

En tout et partout, c'est une enveloppe de 516 millions $ qui est prévue pour le projet. L'argent provient du Fonds vert et ne comprend que 30 millions $ d'argent neuf.

Sur le total, 233 millions $ avaient déjà été annoncés dans les trois premiers volets du plan économique du gouvernement Marois, soit la politique industrielle, la politique de recherche et d'innovation ainsi que le plan de développement du commerce extérieur.

Les critiques de l'opposition n'ont pas tardé à se faire entendre.

«Nous sommes encore une fois face à une annonce électoraliste, sur l'électrification des transports cette fois-ci, a déclaré la porte-parole libérale en matière de transport, Fatima Houda-Pépin. Mme la première ministre nous annonce un beau plan, sans cadre financier, sans budget.»

Reprochant au gouvernement Marois de puiser son inspiration dans le programme libéral de subvention à l'achat de voitures électriques, Mme Houda-Pépin n'a pas mâché ses mots face à la manière dont le PQ s'était approprié les idées de son parti.

«Il y a une différence entre le plan (du gouvernement libéral) et celui de Mme Marois: les mesures étaient budgétées, l'argent était concret; les mesures de Mme Marois sont des mesures théoriques et l'argent, c'est du Monopoly.»

De son côté, le porte-parole caquiste en matière d'économie, Stéphane Le Bouyonnec, a salué les intentions du gouvernement mais a également dénoncé les moyens.

«On ne peut pas être contre la vertu, mais on émet des bémols, parce que vouloir accélérer un mouvement naturel qu'est l'électrification du transport, ça peut être très coûteux», a fait valoir M. Le Bouyonnec, qui a rappelé l'échec de coûteuses aventures passées, notamment le moteur-roue dans lequel Hydro-Québec avait investi 340 millions $.

Stéphane Le Bouyonnec a invité le gouvernement Marois à faire preuve de prudence avec l'argent des citoyens.

«Ce plan met encore beaucoup d'argent, de l'argent qui n'est pas provisionné à l'intérieur du cadre financier du gouvernement. On inviterait le gouvernement à modérer ses transports — électriques ou non — avec l'argent des contribuables», a conclu le député caquiste.

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