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Après Duffy, Nigel Wright?

01/11/2013 11:02 EDT | Actualisé 01/01/2014 05:12 EST

BLOGUE DE DENIS FERLAND- Plusieurs m'ont demandé ces deux derniers jours à quel moment je pensais que Nigel Wright allait répliquer, maintenant que Stephen Harper a entrepris de monter une palissade entre lui, son bureau et son chef de cabinet démissionnaire.

Après avoir défendu sa bonne foi et son sens du devoir envers le contribuable, le premier ministre Harper avait dû se résigner au départ de M. Wright. Présenté pendant cinq mois comme une démission, le départ est devenu un congédiement lundi dernier, maintenant qu'on a définitivement largué M. Wright.

M. Harper l'a en plus dépeint en Chambre comme un sombre acolyte de Mike Duffy dans un complot visant à tromper tout le monde. On ne parle plus d'un Nigel Wright altruiste qui pensait avant tout aux contribuables et à qui un sénateur sans le sou devait 90 000 $.

Pourquoi donc Wright ne se lance-t-il pas dans la contre-attaque, comme Duffy?

Il y a une différence au départ. Les deux hommes sont la cible d'enquêtes de la GRC, mais Duffy avait une sentence qui lui pendait au bout du nez avec cette suspension sans salaire, gracieuseté de son collègue Claude Carignan, juge et jury dans cette cause. De là ses deux sorties tonitruantes en autant de semaines sous le couvert de l'immunité du Sénat.

M. Wright ne bénéficie évidemment d'aucune immunité contre les poursuites s'il se lance dans la dénonciation. Mais il y a plus. M. Wright est un brillant avocat du monde des affaires. Il sait bien que les gens qui font des sorties publiques pour influencer l'opinion ou se venger dans des affaires susceptibles de déboucher sur des accusations criminelles disent des choses incriminantes qui reviennent ensuite les hanter.

Mais ce n'est pas une raison pour rester tranquille dans son coin. Il y a d'autres façons de se défendre devant la cour de l'opinion publique. Les déclarations du ministre Jason Kenney et du député James Rajotte sur les nombreuses qualités personnelles et professionnelles de M. Wright arrivent, disons, au bon moment.

Ajoutez à cela le fait que des amis et des partenaires de M. Wright en affaires deviennent soudainement disponibles et vantent tous les mérites de l'homme dans divers médias anglophones. Certains le font anonymement, mais plusieurs sont cités nommément.

La défense de M. Wright, à l'intérieur des normes du milieu des affaires dont il vient et en tout respect du processus judiciaire, a subtilement commencé à faire passer son message.

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