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Traite de personnes en C-B: la défense affirme que la victime a tout inventé

31/10/2013 07:53 EDT | Actualisé 31/12/2013 05:12 EST

VANCOUVER - Une jeune femme dont la vie en Tanzanie était marquée par la pauvreté et les épreuves voulait tellement rester au Canada qu'elle a inventé des allégations de servitude domestique, a déclaré un avocat de la défense, jeudi, lors d'un procès pour traite de personnes à Vancouver.

Mumtaz Ladha, âgée de 60 ans, est accusée d'avoir illégalement emmené la jeune femme au Canada en août 2008. Le nom de la victime alléguée ne peut être publié.

La Couronne allègue que Mme Ladha a forcé la femme à travailler de longues heures en tant qu'employée domestique non payée dans sa résidence de l'ouest de Vancouver.

L'avocat Eric Gottardi a déclaré jeudi que Mme Ladha avait emmené la femme au Canada en tant que compagne de voyage pour ce qui devait être une brève visite. La femme avait travaillé dans un salon de beauté que Mme Ladha possédait en Tanzanie et avait déjà été sa femme de ménage.

Alors que le voyage s'achevait au début de 2009, a dit Me Gottardi, la femme a demandé à Mme Ladha de l'aider à rester au Canada.

Selon l'avocat, Mme Ladha a alors contacté un consultant en immigration et un avocat pour tenter d'obtenir une prolongation de visa de six mois et un permis de travail pour la jeune femme. Mais ses efforts ont échoué, ce qui signifiait que la jeune femme serait forcée de retourner en Tanzanie à l'expiration de son visa, en juillet 2009.

C'est à ce moment que la jeune femme a contacté la police pour raconter une histoire dramatique d'abus, a déclaré Me Gottardi. Son histoire est devenue encore plus sinistre quand elle a appris que les victimes de traite de personnes pouvaient obtenir un permis de travail au Canada, a-t-il ajouté.

Plus tôt durant le procès, la jeune femme a affirmé que Mme Ladha l'avait persuadée de l'accompagner au Canada en lui promettant un emploi dans un salon de beauté, une promesse qui ne s'est jamais matérialisée. Elle a aussi déclaré qu'elle croyait que Mme Ladha la congédierait de son emploi en Tanzanie si elle n'acceptait pas de l'accompagner en voyage. Une fois arrivée au Canada, la victime alléguée affirme avoir été forcée de travailler 18 ou 19 heures par jour.

Me Gottardi a fait valoir jeudi que la seule preuve permettant de soutenir les allégations de la jeune femme était son propre témoignage, qui est selon lui parsemé d'incohérences, de réponses évasives et de mensonges évidents.

L'avocat a aussi souligné que sa cliente n'avait aucun intérêt à élaborer une ruse pour tromper les agents de l'immigration afin d'emmener la jeune femme avec elle au Canada. Elle était riche et possédait notamment 500 000 $ dans un seul compte de banque, a-t-il dit.

La jeune femme, aujourd'hui âgée de 26 ans, a quitté la résidence de Mme Ladha et a trouvé refuge dans un centre pour femmes en difficulté en 2009. Mme Ladha a été formellement accusée en 2011 et elle a plaidé non coupable à quatre accusations, dont celle de traite de personnes.

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