DIVERTISSEMENT

«Plus gros que nature», de P-A Méthot: manque de lustre

31/10/2013 09:41 EDT | Actualisé 01/11/2013 03:29 EDT

On ne pourra pas reprocher à P-A Méthot de ne pas être vrai sur scène. L’étoile montante de l’humour, qui présentait son premier one man show, Plus gros que nature, au Théâtre St-Denis, mercredi, s’offre au public tel qu’il est, sans fard, sans artifices, avec son langage cru et ses blagues souvent en bas de la ceinture, débitées d’une voix parfois criarde. Certains apprécieront cette absence de filtre, tandis que d’autres seront dérangés par le manque de lustre et d’élégance de l’homme. Évidemment, ça dépend des goûts.

Pour sa rentrée montréalaise, P-A (Paul-André pour les intimes) avait devant lui une assistance conquise d’avance, qui riait énormément du récit de ses tranches de vie. Enthousiasme qu’on ne partage pas nécessairement, étant donné la facilité de certains gags. À preuve, le premier numéro de la soirée portait sur… les suppositoires. On a aussi eu droit, dans les deux heures qui ont suivi, à l’étymologie de l’expression «aller chier loin», à quelques comparaisons douteuses du sexe féminin, à une allusion à un supposé «syndrome de la graine communautaire», à la description d’une scène de film pornographique mettant en vedette une naine, à un monologue final d’une sérieuse vulgarité et à beaucoup, beaucoup de sacres.

Mais, visiblement, les gens aiment P-A Méthot. En font foi les 35 000 billets déjà écoulés de son spectacle, un accomplissement digne de mention car, bien qu’on l’ait souvent applaudi dans les galas d’humour, le Gaspésien demeure encore un inconnu aux yeux de plusieurs. À un certain moment, en cours de première partie, le comique s’est même permis d’ordonner aux spectateurs d’arrêter d’applaudir… ce qui a au contraire enflammé l’ardeur de ses admirateurs.

Et le bonhomme est sympathique. Originaire de Chandler, en Gaspésie, le presque quadragénaire – il célébrera ses 40 ans dans un peu plus d’un mois -, fait de lui-même son personnage principal, puisant dans son quotidien d’hier et d’aujourd’hui pour dérider la galerie. Certains l’ont comparé à Jean-Marc Parent et à Philippe Laprise en raison de ses talents de conteur et, effectivement, s’il n’a pas la finesse de ses aînés, P-A sait manier l’anecdote pour retenir l’attention.

Il parle de ses parents, de sa grand-maman, des filles qui n’ont plus de gêne lorsqu’elles ont un verre dans le nez, de son poids, des Jeux olympiques, de son adolescence («Je changeais de blonde tellement souvent, c’est moi qui a inventé le recyclage») et il effleure même le sujet de sa bipolarité. On salue le segment sur la mort de son père, plus sensible que le reste de la prestation. On a aussi bien rigolé quand, au retour de l’entracte, le gaillard a empoigné sa guitare pour une drôle d’imitation de Céline Dion, une relecture toute personnelle de Ring of Fire, de Johnny Cash, et une suite de La bitt à Tibi, de Raôul Duguay (malheureusement intitulée La noune à Nancy). En somme, P-A Méthot utilise sa couleur de «gars de région» pour séduire son parterre, et c’est justement son côté terre-à-terre qui lui amènera le succès.

À la mise en scène, Peter McLeod et Marc Gélinas ont matérialisé une belle trouvaille avec cette structure imitant le Rocher Percé, sur laquelle étaient projetées des images liées aux propos de P-A. Un boulot de qualité a aussi été accompli au chapitre de la musique et des éclairages lorsque le joyeux luron s’adonnait à ses singuliers pas de danse.

P-A Méthot proposera Plus gros que nature un peu partout au Québec dans les prochaines semaines. Pour plus d’informations: www.pamethot.com.

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