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La NSA a secrètement infiltré les réseaux internes de Yahoo et de Google

31/10/2013 11:09 EDT | Actualisé 31/12/2013 05:12 EST

WASHINGTON - L'Agence de sécurité nationale (NSA) des États-Unis a secrètement infiltré les principaux liens de communication qui relient les centres de données de Yahoo et de Google à travers le monde, selon des documents obtenus par un quotidien américain de l'ancien consultant Edward Snowden.

Selon le Washington Post, un document secret daté du 9 janvier 2013 indique que la NSA envoie chaque jour à ses bureaux de Fort Meade, dans le Maryland, des millions de fichiers recueillis dans les réseaux internes de Yahoo et de Google.

Au cours des 30 derniers jours, les analystes de la NSA auraient enregistré 180 millions de nouveaux fichiers, allant de simples données qui permettent de savoir qui a envoyé ou reçu un courriel, à du contenu comme du texte, des images et de la vidéo.

Google s'est dit troublé par ces allégations et a soulevé des interrogations d'ordre judiciaire, notamment en se demandant si la NSA pourrait avoir enfreint les lois fédérales sur l'écoute électronique.

Marc Rotenberg, directeur exécutif du Centre d'information pour la confidentialité électronique, admet que si la protection légale pour l'interception qui a lieu à l'étranger est moins serrée, «le fait que l'infiltration ait cette fois eu lieu dans le nuage de Google et de Yahoo et qu'elle semble avoir été faite sans mandat légal permet de croire que la NSA a effectué une surveillance illégale». Le «nuage» fait référence aux sites où les entreprises emmagasinent les données.

Ces nouveaux détails sur l'accès de la NSA aux centres de données de Yahoo et de Google sont révélés au moment où le Congrès songe à réviser les pratiques du gouvernement en matière de collecte de données et que les gouvernements européens manifestent leur colère devant les révélations voulant que l'agence ait espionné les communications dans leur pays.

Les gouvernements chinois et du sud-est de l'Asie ont pour leur part exigé des explications de la part des États-Unis et de leurs alliés, jeudi, après que des médias eurent rapporté que les ambassades américaines, canadiennes et australiennes de la région étaient utilisées pour un programme secret de collecte de données électroniques de Washington.

Un document transmis par Edward Snowden révèle l'existence du programme «Stateroom», grâce auquel les ambassades américaines, canadiennes et australiennes abritent secrètement de l'équipement de surveillance visant la collecte d'information électronique.

La Chine s'est dite très inquiète et a exigé une clarification et des explications.

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