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J. Dupuis à l'Onyx et sur le yacht d'Accurso pour «des relations de travail»

31/10/2013 02:40 EDT | Actualisé 31/12/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - Selon Jocelyn Dupuis, lorsqu'il était directeur général de la FTQ-Construction, cela faisait partie de son travail de fréquenter les entrepreneurs comme Tony Accurso, au point d'aller sur son yacht, de célébrer avec lui et sa famille pour faire «des relations de travail».

Devant la Commission Charbonneau, jeudi, il s'est souvenu d'avoir partagé de telles activités sociales avec Tony Accurso, jadis de Simard-Beaudry et Construction Louisbourg, une centaine de fois, peut-être 150, durant ses 11 ans à la direction générale de l'organisation syndicale, de 1997 à 2008.

Le procureur chef adjoint de la commission, Me Denis Gallant, a d'ailleurs déposé en preuve une série de photos montrant l'entrepreneur Accurso tantôt avec Jean Lavallée, ancien président de la FTQ-Construction, tantôt avec M. Dupuis, tantôt avec l'ancien directeur général de la Ville de Montréal Robert Abdallah, qui était à l'époque cadre chez Hydro-Québec.

Sur une photo, on voit MM. Dupuis, Lavallée et Accurso affalés sur un canapé. Sur une autre, l'un d'entre eux a des oreilles de lapin sur la tête.

«M. Accurso est un des plus gros entrepreneurs dans l'industrie de la construction. Soyez sûrs qu'on avait tout intérêt à établir des bonnes relations de travail avec cet entrepreneur-là qui respectaient les conditions de travail et ainsi de suite», a ajouté M. Dupuis, qui a longtemps été grutier.

Me Gallant lui a demandé si à une certaine époque il était carrément normal à la FTQ-Construction de faire avec les entrepreneurs des «voyages, des partys avec les enfants et les épouses».

M. Dupuis a acquiescé sans hésitation. «Notre travail, c'est de faire travailler nos travailleurs, de les référer à des entreprises. Ça fait que plus que tu établis des bonnes relations de travail, plus que tu permets à tes travailleurs d'avoir une bonne référence et de les faire travailler pour des grosses entreprises. Ça fait qu'on le faisait régulièrement de rencontrer M. Accurso.»

Il a admis que des dirigeants de la FTQ-Construction se réunissaient souvent au restaurant L'Onyx, de Laval, qui appartenait à l'entrepreneur Accurso. «Des fois, on adopte un endroit de relations de travail», a-t-il justifié.

Mais, selon lui, il «avait bien de la misère à payer» son repas quand il était avec M. Accurso. Quand M. Accurso était absent, cependant, il assure que l'employeur concerné ou la FTQ-Construction recevait une facture de l'Onyx et la payait.

M. Dupuis a aussi raconté son arrivée comme directeur général de la FTQ-Construction en 1997. Il a nié que Jean Lavallée lui avait offert le poste, comme l'avait dit Ken Pereira, ancien directeur de la section locale des mécaniciens industriels à la FTQ-Construction et celui qui a levé le voile sur les allocations de dépenses de Jocelyn Dupuis.

Au départ, M. Dupuis avait deux opposants, Yves Mercure et Jacques Labonté. Ils ont fait campagne. M. Dupuis les a rencontrés. Puis les deux opposants ont tous deux retiré leur candidature avant l'élection. M. Dupuis est ainsi devenu dg de la FTQ-Construction.

Durant ses presque trois heures de témoignage, M. Dupuis a semblé sûr de lui et s'est même risqué à faire des blagues. Il s'est décrit comme «un rassembleur né», qui était travaillant et qui est aujourd'hui «travailleur autonome».

La juge France Charbonneau l'a souvent fixé avec un regard dubitatif ou un sourire en coin.

Celui qui a succédé à Jocelyn Dupuis à la tête de la FTQ-Construction, Richard Goyette, qui a coécrit avec lui l'ouvrage «Syndicalistes ou voyous», lancé récemment, était présent dans la salle.

Le témoignage de M. Dupuis se poursuivra lundi.

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