POLITIQUE

Scandale du Sénat : Harper n'a pas délibérément trompé les Communes, dit le président de la Chambre (VIDÉO)

30/10/2013 04:19 EDT | Actualisé 30/12/2013 05:12 EST

À la Chambre des communes, mercredi, le président de la Chambre Andrew Scheere, a déclaré que Stephen Harper n'avait pas délibérément trompé les élus dans ses déclarations relativement au scandale qui enserre le Sénat depuis des mois.

Plus précisément, Andrew Scheer s'est penché sur les déclarations du premier ministre du 5 juin dernier, alors que Stephen Harper avait affirmé en Chambre que son ex-chef de cabinet Nigel Wright avait agi seul et n'avait informé personne de la remise d'un chèque de 90 000 $, pour des dépenses encourues par le sénateur conservateur Mike Duffy.

Cette déclaration s'est avérée inexacte, car, par la suite, M. Harper a fourni des éléments d'explications aux élus qui ont mis en relief le fait que plus d'une personne était au courant de l'affaire. Mais, comme l'a expliqué en substance le président de la Chambre mercredi, Stephen Harper n'a pas « délibérément » trompé la Chambre des communes. M. Scheer soutient qu'au premier abord, il n'y a pas de preuve illustrant que le premier ministre avait eu l'intention de tromper la Chambre, le 5 juin.

Par cette décision, le président de la Chambre rejette la requête qu'avait présentée le Nouveau Parti démocratique, invoquant un point de privilège.

Le NPD reprochait au premier ministre Harper de n'avoir pas formellement corrigé la version qu'il avait fournie aux élus relativement aux informations qu'il avait obtenues de son bras droit de l'époque, Nigel Wright.

Une question d'assurances

Pendant ce temps, au Sénat, il appert que les sénateurs Pamela Wallin, Mike Duffy et Patrick Brazeau conserveront leur assurance maladie et leur assurance vie en vertu de motions amendées, présentées cet après-midi même à la Chambre haute. Ces motions ne sont pas encore en vigueur, puisqu'elles doivent encore être soumises au vote des sénateurs, vraisemblablement d'ici la fin de la semaine.

À noter que les motions amendées visent toujours à suspendre, pendant deux ans, les sénateurs Pamela Wallin et Mike Duffy et Patrick Brazeau, sans salaire.

Ces derniers jours, Pamela Wallin et Mike Duffy avaient plaidé devant les médias et devant leurs collègues sénateurs qu'ils subiraient des préjudices si on les privait de leur assurance santé, du fait qu'ils ont eu d'importants problèmes de santé.

Pour écouter le déroulement des débats au Sénat sur un appareil mobile, cliquez ici.

Une ombre de désapprobation sur le congrès conservateur

Mardi, Stephen Harper a admis que le Parti conservateur avait expédié un chèque pour couvrir les frais judiciaires du sénateur. Ce chèque s'ajoute à celui de 90 000 $ qui, selon la version du premier ministre, aurait été signé par son ex-chef de cabinet, Nigel Wright, pour que M. Duffy puisse rembourser des dépenses inappropriées.

Comme les dons aux partis politiques sont déductibles d'impôt, ce sont en partie les contribuables canadiens, et pas seulement les donateurs conservateurs, qui ont financé les frais de justice du sénateur, anciennement conservateur.

Le scandale des dépenses au Sénat

Interrogé à son entrée au caucus, le député Brad Trost, de la Saskatchewan, a admis qu'il ne pensait pas que la base militante était contente de savoir à quoi avait servi une portion de ses dons.

Son collègue Steven Fletcher a toutefois insinué que le chèque représentait un bien petit montant, comparé à l'ensemble des dons des militants.

« Je parle de dizaines de millions de dollars en dons. Je pense que les gens sont très fiers de donner au Parti conservateur et ils ont le sentiment qu'il s'agit d'un bon investissement pour leur pays », a-t-il soutenu.

Pour un autre député, Tom Lukiwski, on prendra bien vite le pouls de la base militante avec le congrès qui s'ouvre dès jeudi à Calgary. « C'est ce que nous verrons en fin de semaine », a-t-il lancé.

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