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Pièce médicale oubliée : deux médecins poursuivis

30/10/2013 02:26 EDT | Actualisé 29/12/2013 05:12 EST

Une femme de Québec poursuit deux médecins et l'hôpital Saint-François-d'Assise après avoir vécu cinq ans avec une pièce d'un instrument chirurgical oubliée dans son corps lors d'une opération.

Manon Lapointe et son conjoint réclament 250 000 $.

La pièce médicale serait restée dans l'abdomen de la dame à la suite d'une opération pour une ligature tubulaire.

La femme a été opérée en février 2008 par le Dr Simon Carrier.

À la suite de l'intervention, la femme de 37 ans a éprouvé certaines douleurs qui l'ont poussée à consulter son médecin de famille, le Dr Richard Beaulieu, en octobre 2010. Ce dernier a alors demandé que des radiologies soient effectuées.

Or, selon la poursuite, les résultats rapportaient la présence d'un corps étranger, mais le Dr Beaulieu n'aurait pas effectué le suivi nécessaire.

Selon la requête, l'état de santé de Mme Lapointe s'est encore détérioré, la forçant à se présenter à l'urgence à au moins trois reprises à l'été 2012.

En plus de douleurs abdominales, la dame aurait souffert de nausées insupportables, de troubles d'alimentation et de fatigue importante. Elle a cessé de travailler durant six mois.

La femme en était réduite à s'alimenter de suppléments nutritionnels liquides et de produits protéinés et a perdu 25 livres, précise la requête.

Après une consultation en psychologie, la dame s'est fait prescrire un médicament pour contrôler son anxiété et a reçu un diagnostic d'anorexie.

Après avoir subi une batterie de tests, elle a de nouveau été opérée en décembre 2012.

« Le Dr Julie-Anne Rousseau a, à son grand étonnement, trouvé la cause de tous les maux de Mme Lapointe depuis près de cinq ans en identifiant un corps étranger, soit un embout de trocart », indique son avocat dans la poursuite.

L'anneau de caoutchouc de 17 millimètres de longueur proviendrait d'un trocart utilisé lors de la chirurgie de 2008.

Lors du réveil de la patiente, le Dr lui aurait expliqué que « ses symptômes avaient varié dans le temps en raison de la mobilité relative de ce corps étranger dans son abdomen ».

Depuis son opération, l'état de santé de Manon Lapointe s'est amélioré et elle a recommencé à s'alimenter normalement.

L'affaire lui a toutefois laissé des blessures psychologiques.

Elle poursuit le premier médecin qui l'a opérée et son médecin de famille, qui aurait prolongé indûment ses souffrances pendant plus de deux ans.

Un texte de Yannick Bergeron

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