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Nicholson se défend de libérer des soldats blessés pour économiser de l'argent

30/10/2013 08:45 EDT | Actualisé 30/12/2013 05:12 EST

OTTAWA - La distinction entre un soldat qui est prêt à quitter l'armée et un soldat qui veut partir a été étalée au grand jour mercredi, alors que le gouvernement Harper s'est retrouvé sous le feu des critiques concernant des militaires libérés de l'armée avant d'être admissibles aux prestations de retraite.

Le ministre de la Défense, Rob Nicholson, a insisté pour dire que les soldats blessés n'étaient pas sommairement libérés des Forces armées canadiennes, et a souligné qu'un processus de transition était suivi par tous les soldats avant leur retour à la vie civile.

Attaqué par les libéraux et les néo-démocrates à la Chambre des communes, M. Nicholson a assuré qu'avant leur libération, les membres de l'armée suivaient un plan de transition en collaboration avec leurs supérieurs. Tous les soldats blessés reçoivent les soins appropriés en vue de leur retour à la vie civile et aucun d'entre eux n'est libéré avant d'être prêt, a-t-il affirmé.

Les détracteurs accusent le gouvernement de vouloir économiser de l'argent en ne permettant pas aux militaires blessés — qui ne répondent pas à la règle de «l'universalité du service» de l'armée exigeant que le personnel soit en mesure d'effectuer une série de tâches variées — d'atteindre la période d'admissibilité de 10 ans requise pour les prestations de retraite.

Ils ont notamment cité deux cas rapportés par La Presse Canadienne, dont celui d'un soldat libéré vendredi dernier.

Le caporal David Hawkins, un réserviste de London, en Ontario, atteint du syndrome de stress post-traumatique, a été libéré de l'armée malgré sa demande de rester un an de plus afin de pouvoir recevoir une retraite pleinement indexée.

Son cas est survenu après celui du caporal Glen Kirkland, qui a déclaré devant une commission parlementaire, le mois dernier, qu'il avait été poussé vers la sortie avant d'être prêt parce qu'il ne répondait pas à la règle d'universalité du service.

M. Hawkins a souligné qu'un soldat pouvait être préparé à partir, avec des plans et des séances de consultation, mais que cela était totalement différent que le fait de vouloir quitter les rangs.

«Je leur ai dit que je n'étais pas prêt, a-t-il affirmé lors d'une entrevue avec La Presse Canadienne mercredi. J'ai demandé pendant des mois s'il y avait un moyen pour que je puisse rester, et ils ont dit non.»

Depuis le début des combats majeurs en Afghanistan, l'armée peine à déterminer quelle latitude elle peut accorder aux soldats blessés qui veulent rester dans les rangs, mais qui ne sont pas aptes au combat.

En vertu des règles actuelles, les soldats grièvement blessés ont jusqu'à trois ans pour se rétablir. S'ils ne répondent pas aux critères pour les déploiements à l'étranger, ils peuvent être forcés de quitter l'armée.

Des données présentées l'an dernier au Parlement indiquent que parmi les 1218 soldats libérés pour des raisons médicales, 199 n'avaient pas atteint la durée de service requise pour obtenir des prestations de retraite.

Le porte-parole libéral en matière d'anciens combattants, Jim Karygiannis, a demandé mercredi la réintégration du caporal Hawkins, tandis que le néo-démocrate Jack Harris a réclamé la fin immédiate de «cette pratique honteuse».

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