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L'Espagne pourrait avoir collaboré avec la NSA des États-Unis

30/10/2013 11:03 EDT | Actualisé 30/12/2013 05:12 EST

MADRID - L'Espagne et d'autres pays pourraient avoir aidé l'Agence de sécurité nationale (NSA) des États-Unis à mener à bien ses activités d'espionnage, affirment des documents publiés mercredi par le quotidien El Mundo.

Le général Keith Alexander, le directeur de la NSA, avait fait valoir mardi que les États-Unis n'avaient pas agi seuls pour épier les échanges téléphoniques de millions de citoyens européens.

Les documents publiés par El Mundo auraient été obtenus auprès d'Edward Snowden, l'ancien analyste de la NSA qui a trouvé refuge en Russie. L'Espagne maintient depuis le début qu'elle ne savait rien des activités de la NSA.

Pour sa part, le premier ministre espagnol Mariano Rajoy a révélé au parlement, mercredi, que le directeur des renseignements du pays, Felix Sanz Roldan, s'adressera à un comité parlementaire à huis clos à ce sujet. Il n'a pas précisé à quel moment la rencontre aura lieu.

Les parlementaires de l'opposition font pression sur M. Rajoy pour qu'il obtienne des explications de Washington et pour qu'il clarifie le rôle joué par l'Espagne dans cette affaire.

Deux dirigeants allemands étaient à Washington mercredi, pour tenter de déterminer si la chancellière Angela Merkel a été placée sous écoute par la NSA. Les directeurs des agences allemandes du renseignement domestique et étranger sont aussi attendus à Washington au cours des prochains jours.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, a dit que son pays n'est pas surpris par les allégations d'espionnage.

«Je suis convaincu que tout le monde savait tout ou soupçonnait tout», a dit M. Lavrov à l'occasion d'un déplacement en Grèce.

Les autorités françaises ont dit se concentrer sur «la nature et l'étendue de l'espionnage américain sur notre territoire», a dit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Romain Nadal.

Pour sa part, le porte-parole du gouvernement français, Najat Vallaud-Belkacem, a déclaré que les faits «semblent bien établis» et que «de notre point de vue, les réfutations du directeur de la NSA semblent improbables».

L'ONU dit avoir reçu des garanties de Washington que ses communications ne sont pas sous écoute. Le porte-parole de l'ONU, Martin Nesirky, a toutefois refusé de dire, mercredi, si l'organisation a déjà été épiée. Le magazine allemand Der Spiegel affirmait en août que le système de vidéoconférence interne de l'ONU avait été surveillé par la NSA l'an dernier.

La Chine a déclaré qu'elle mettra en place de nouvelles mesures pour améliorer la sécurité de ses informations. Une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a refusé de dire si la Chine se livre elle aussi à des actes d'espionnage ou de surveillance comparables à ceux de la NSA.

Par ailleurs, l'Union européenne tente de déterminer si la Russie a bel et bien tenté de placer des logiciels espions sur les ordinateurs des délégations qui ont participé au sommet du G20 à Saint-Pétersbourg, le mond dernier.

Un porte-parole de la Commission européenne, Frédéric Vincent, a indiqué que des experts sont à analyser des cadeaux reçus par les délégués, comme des clés USB ou des chargeurs de téléphones portables. L'enquête n'est pas encore terminée, a-t-il dit, mais rien de grave n'a été découvert pour l'instant. La Russie nie avoir quoi que ce soit à se reprocher.

Des médias européens ont éventé l'affaire pour la première fois cette semaine.

Enfin, le quotidien américain Washington Post rapporte que la NSA a secrètement infiltré les principaux liens de communication qui relient les centres de données de Yahoo et de Google à travers le monde. Le Post évoque des documents obtenus d'Edward Snowden et des entrevues avec des responsables.

Au cours du dernier mois, les analystes de la NSA auraient enregistré 180 millions nouveaux fichiers, allant de simples données qui permettent de savoir qui a envoyé ou reçu un courriel, à du contenu comme du texte, des images et de la vidéo.

Le Post affirme que la NSA et l'agence britannique GCHQ copient des flux de données entiers qui circulent sur les câbles de fibre optique qui relient les centres de données des deux géants du Web.

Google a transmis au Post un communiqué dans lequel il se dit «troublé» par ces allégations, avant d'ajouter qu'il n'en savait rien. Une porte-parole de Yahoo a déclaré que la compagnie n'a jamais donné à la NSA ou d'autres agences gouvernementales accès à ses centres de données.

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