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Les 4 otages français détenus en Afrique pendant 3 ans sont arrivés à Paris

30/10/2013 05:09 EDT | Actualisé 29/12/2013 05:12 EST

PARIS - Quatre Français qui avaient été pris en otage par Al-Qaïda ont atterri en France mercredi, au terme de trois ans de dure captivité dans le Sahel africain.

La femme et les filles de l'otage Daniel Larribe se sont ruées sur lui, et ils se sont tous enlacés en pleurant. D'autres parents et amis ont pris des photos de leurs proches enfin rentrés à la maison.

Le président François Hollande a accueilli chaque otage sur le tarmac d'un aéroport militaire près de Paris.

Au moment de leur capture, les quatre hommes — Pierre Legrand, Thierry Dol, Marc Feret et Daniel Larribe — travaillaient à Arlit, au Niger, où le géant nucléaire français Areva exploite une mine d'uranium. Ils ont été secourus dans le nord du Mali, mardi.

Les deux pays font partie du Sahel, la région aride qui s'étire de l'océan Atlantique jusqu'à la mer Rouge, tout juste au sud du désert du Sahara. La région abrite des militants d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Les anciens otages ont passé leur première nuit de liberté à Niamey, la capitale du Niger, et ont quitté pour Paris tôt mercredi matin. Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et son homologue de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s'étaient rendus à Niamey pour les accompagner.

M. Fabius a blagué que certains des hommes avaient dormi sur le plancher de leur chambre d'hôtel, puisqu'ils trouvaient le matelas trop mou après leur épreuve.

Françoise Larribe a expliqué aux journalistes comment son mari Daniel a survécu à sa détention. Mme Larribe elle-même avait été capturée avec les hommes, mais elle a été libérée il y a plus d'un an.

«Je pense que Daniel, pour sa part, avait la volonté de résister, et il l'a fait d'une manière complètement formidable, a-t-elle dit. Quand nous étions détenus ensemble, nous nous disions que chaque jour représentait une victoire.»

M. Hollande a rappelé que trois Français sont toujours détenus en Afrique et quatre en Syrie. Les anciens otages n'ont pas voulu prendre la parole après lui, et certains semblaient très inconfortables face à l'intensité de l'attention médiatique.

On ne sait toujours pas pourquoi les hommes ont été pris en otage ou si une rançon a été versée pour obtenir leur libération. AQMI aurait enlevé 18 personnes depuis 2003 et récolté des rançons totalisant près de 90 millions $ US.

Le directeur d'une association qui représente les amis et les familles des otages affirme qu'Areva a versé une rançon, ce qu'a formellement nié un représentant de la compagnie. M. Hollande a lui aussi répété qu'aucune rançon n'a été payée.

Des questions subsistent enfin quant à savoir comment les hommes ont pu être enlevés en dépit de mesures de sécurité musclées. Alain Legrand, tout en se réjouissant de la libération de son fils Pierre, a réclamé des explications.

«Mon fils a 28 ans. Il a passé plus d'un jour sur 10 de sa vie en captivité. Je voudrais que quelqu'un m'explique pourquoi», a-t-il lancé à la télévision française.

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