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Élection à la FTQ-Construction: Dupuis voulait garder son influence

30/10/2013 05:14 EDT | Actualisé 30/12/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - La Commission Charbonneau a entendu d'autres extraits d'écoute électronique, mercredi, confirmant cette fois que l'élection à la tête de la FTQ-Construction pour remplacer le tandem Jocelyn Dupuis et Jean Lavallée semble avoir été arrangée à l'avance et que Dupuis voulait ainsi placer ses hommes et y garder son influence.

Une élection était organisée à la mi-novembre 2008 pour remplacer le directeur général Dupuis et le président Lavallée, qui avaient convenu de «prendre leur retraite» en même temps de la FTQ-Construction.

Deux clans de fidèles à chacun ont été formés.

Or, selon l'écoute électronique entendue, Jocelyn Dupuis annonçait à l'avance à son interlocuteur, Ronnie Beaulieu, une relation des Hells de Sherbrooke, que Jean Lavallée allait quitter son poste de président de la FTQ-Construction, que c'est Richard Goyette qui allait le remplacer, lui, comme directeur général, que toute son équipe allait passer et qu'en bout de ligne, il conserverait ainsi son influence même s'il quittait.

«Lavallée va débarquer. Moi aussi je vais m'en aller, puis c'est Richard Goyette qui va me remplacer, mon adjoint. C'est une entente qu'on fait. Moi, j'ai toute mon équipe qui passe. Ça fait que pour moi, c'est pareil comme si j'étais là, là. Avec Richard, y a pas de problème, là», affirme Jocelyn Dupuis.

Dupuis l'informe qu'il «ne sera plus au Fonds» de solidarité de la FTQ et qu'il ne sera plus vice-président de la FTQ non plus, mais que Jean Lavallée va conserver le bras immobilier du Fonds, SOLIM.

Ronnie Beaulieu lui dit sur un ton interrogateur: «on va toujours faire des aff...?». Il veut vraisemblablement dire «affaires», mais comme il a reçu un autre appel en même temps sur son téléphone, la ligne est coupée.

«Oui, oui, oui», répond Jocelyn Dupuis, qui le rassure sur la continuité des choses, malgré son départ de la FTQ-Construction.

Dupuis confirme que «ça brasse en ostie de tabarnak» à cette période. Le président de la FTQ, Michel Arsenault, a toujours soutenu que c'est lui qui avait demandé à Dupuis de partir à la suite du scandale concernant ses allocations de dépenses et à la suite des informations concernant ses relations douteuses.

Dans l'extrait d'écoute électronique, Dupuis affirme aussi que Michel Arsenault a été rencontré. On ne sait toutefois pas encore ce qui lui a été dit.

En fait, c'est même le président de la FTQ qui avait présidé cette élection à la tête de la FTQ-Construction, disant vouloir s'assurer qu'il n'y ait pas de «magouille», avait relaté le témoin Ken Pereira, ancien directeur de la section locale des mécaniciens industriels à la FTQ-Construction.

Jocelyn Dupuis doit commencer son témoignage devant la Commission Charbonneau jeudi.

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