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La Chine arrête cinq personnes en lien avec l'attaque de place Tiananmen

30/10/2013 09:19 EDT | Actualisé 30/12/2013 05:12 EST

PÉKIN, Chine - Cinq personnes ont été arrêtées par la police chinoise pour leur participation présumée à une attaque suicide sur la place Tiananmen, au coeur de la capitale chinoise.

Un communiqué mis en ligne par la police de Pékin ajoute que les auteurs de l'attentat de lundi ont été identifiés et qu'il s'agissait d'une opération soigneusement planifiée.

Trois personnes ont perdu la vie quand la voiture à bord de laquelle elles prenaient place a foncé dans la foule, avant d'exploser et de s'enflammer. Deux touristes ont aussi été tués.

La police affirme que des couteaux, des barres de fer, de l'essence et un drapeau orné de slogans religieux ont été retrouvés dans le véhicule.

Les autorités indiquent que les cinq suspects ont été arrêtés lundi, le jour même de cette attaque perpétrée dans un secteur de Pékin où les leaders du Parti communiste vivent et travaillent.

Les trois assaillants, dont une femme, et les cinq personnes arrêtées ont tous des noms qui font d'eux des membres de la minorité turque ouïghoure originaire de la région rétive du Xinjiang, dans le nord-est de la Chine, où des militants combattent les forces de l'ordre depuis des années. Les trois occupants de la voiture seraient un homme, sa femme et sa mère.

Une attaque dans un centre urbain de l'est du pays «est un événement qui inquiète les autorités chinoises depuis un long moment», a déclaré le sinologue Philip Potter, de l'Université du Michigan.

«Une fois que cette étape a été franchie, c'est difficile de revenir en arrière», a-t-il ajouté, avant de prédire que les Ouïghours qui habitent les villes orientales feront maintenant l'objet d'une surveillance plus étroite.

Le communiqué de la police affirme que les cinq suspects ont participé à la planification et à l'organisation de l'attaque, et qu'ils ont été capturés 10 heures après son exécution. Ils auraient tenté de s'échapper mais auraient été capturés grâce à l'aide de la police de Xinjiang et d'ailleurs.

On ne sait pas où ils ont été épinglés, mais la police aurait retrouvé des drapeaux militants et de longs couteaux là où ils logeaient temporairement.

«La police croit que l'incident du 28 octobre est une attaque terroriste violente qui avait été soigneusement planifiée, organisée et exécutée», peut-on lire dans le communiqué.

Cette attaque survient au terme d'une année particulièrement violente dans le Xinjiang, qui a vu la mort d'au moins 56 personnes.

Le Xinjiang partage une frontière avec l'Afghanistan et quelques pays instables d'Asie centrale où on retrouve des groupes militants islamistes. Des militants ouïghours pourraient avoir trouvé refuge dans le nord-ouest du Pakistan, une région sauvage qui échappe au contrôle du gouvernement central.

L'extrémisme ouïghour est attribué à la gouverne chinoise du Xinjiang et à la discrimination à laquelle serait soumise cette minorité de la part de la majorité han. Les Ouïghours affirment qu'ils ne profitent pratiquement pas de l'exploitation des ressources naturelles du Xinjiang et que les meilleurs emplois vont aux Hans.

À Pékin, les Ouïghours indiquent que la police a accentué ses contrôles d'identité et autres mesures de sécurité depuis l'attaque de lundi.

Le Congrès mondial ouïghour, en Suède, s'est inquiété mardi que les autorités chinoises puissent profiter de cet événement pour diaboliser l'ensemble de la communauté ouïghoure. Un porte-parole affirme que 93 Ouïghours ont été arrêtés sans raison à Pékin depuis l'attaque.

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