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Israël libère des détenus palestiniens, mais poursuit la colonisation

30/10/2013 08:34 EDT | Actualisé 30/12/2013 05:12 EST

Au moment même où Israël a libéré 26 détenus palestiniens, son premier ministre Benyamin Nétanyahou et le ministre de l'Intérieur Gidéon Saar ont annoncé mercredi la construction de quatre plans à Jérusalem-Est.

Ainsi, 1500 logements seront construits et d'autres habitations seront agrandies dans la zone de colonisation de Ramat Shlomo. Israël plaide que ce quartier fait partie de la ville de Jérusalem, qu'elle considère comme sa capitale, bien que la communauté internationale ne le reconnaisse pas.

Cet agrandissement du quartier Ramat Shlomo est attendu depuis 2010. Israël avait freiné ces plans à deux reprises devant la réticence des États-Unis, qui avait condamné ce projet par la voix du vice-président Joe Biden. Selon les médias israéliens, cette décision du premier ministre Nétanyahou est motivée par la volonté de rallier les durs de son parti, effarouchés par la libération des otages palestiniens.

L'autorité palestinienne a vivement condamné ce projet mercredi matin, parlant d'une décision « destructrice ». En août dernier, elle avait affirmé que l'accélération de la colonisation par Israël « détruit le processus de paix ».

Détenus palestiniens libérés

Dans la nuit de mardi à mercredi, Israël a autorisé la libération de 26 prisonniers palestiniens, dont 21 provenaient de Cisjordanie et 5 de la bande de Gaza. Ceux-ci avaient été emprisonnés à vie pour avoir tué des Israéliens.

Ils ont été accueillis par une foule en liesse en revenant sur leur territoire. « Nos héros rentrent à la maison », a déclaré le président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui était présent à leur arrivée.

M. Abbas avait affirmé dernièrement qu'un accord de paix avec Israël ne serait pas possible sans la libération de tous les détenus palestiniens. Le 30 juillet dernier, le premier ministre israélien avait permis la libération de 104 prisonniers au total. 

Négociations de paix

Ces libérations ont été autorisées pendant qu'Israéliens et Palestiniens sont en négociations pour conclure un accord de paix. Ces pourparlers sont supervisés par les États-Unis.

La libération de tous ces détenus palestiniens constitue un compromis important, selon Benyamin Nétanyahou. « La décision de libérer les prisonniers est une des décisions les plus difficiles que j'ai eu à prendre. Elle est injuste, car ces terroristes sont relâchés avant d'avoir purgé leur peine », avait-il déclaré lundi dernier.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a assuré le 21 octobre dernier que les négociations s'intensifiaient. Or, le négociateur palestinien a laissé entendre que les deux parties étaient loin de conclure une entente, étant donné que « l'actuelle position de négociation israélienne [serait] la pire depuis plus de 20 ans ». 

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