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Incursion derrière les lignes du régime en Syrie

30/10/2013 06:28 EDT | Actualisé 30/12/2013 05:12 EST

REPORTAGE DE MARIE-ÈVE BÉDARD - En entrant dans la ville de Hataytet Turrkman, une petite ville en banlieue de Damas dans la Ghouta orientale, on ne constate que désolation et destruction. La ville a été reprise il y a peu de temps par les forces syriennes, qui ont permis à Radio-Canada de faire une rare incursion derrière les lignes du régime.

Difficile d'imaginer qui que ce soit vivant dans ce qui semble maintenant une ville fantôme. C'est pourtant ici que nous rencontrons Mohammed Ali.

Mohammed affirme que des forces de l'Armée syrienne libre, un groupe d'opposants armés au régime, se sont emparés de la ville soudainement. Ils ont demandé qu'ils se joignent à eux, mais il a refusé. « Je n'ai pas pris les armes ou joint leur administration. Je leur ai dit que mes jambes me faisaient souffrir, que je n'étais qu'un bon à rien », affirme-t-il.

Mohammed n'est pas parti, pas même quand l'armée de Bachar Al-Assad a lancé l'assaut pour évincer les rebelles armés qui s'étaient installés fermement.

Des images filmées par l'armée syrienne montrent une bataille intense qui a duré 48 heures.

Quelques heures à peine après la fin des affrontements, Bassem, qui dirigent un escadron de char d'assaut, raconte fièrement la bataille. « Nous avons fait face à de la résistance. Ils avaient beaucoup d'armes, vous voyez l'ampleur de la destruction, mais ils n'ont pas pu rivaliser avec l'armée syrienne », lance-t-il.

Certains des jeunes soldats rencontrés fêtent la victoire avec un peu trop d'enthousiasme au goût de leur commandant.

L'armée syrienne affirme avoir tué une centaine de rebelles et blessé la moitié des quelque 300 combattants qui lui faisaient face. Selon les autorités, ils appartenaient au Front Al-Nosra et à l'Armée syrienne libre. Des informations que nous n'avons pas pu vérifier de façon indépendante.

L'armée syrienne considère que la reprise de la ville est une victoire importante dans la lutte pour le contrôle des banlieues. Hataytet Turrkman est située à quelques kilomètres à peine de l'aéroport international de Damas.

Pour le commandant de l'opération, c'est autant une question de stratégie que de perception. « Ils essaient de couper la route de l'aéroport et de projeter une image négative de la situation à Damas, mais quand les visiteurs emprunteront la route de l'aéroport vers la ville, ils verront une réalité qui est différente de ce que projettent les terroristes de Al-Nosra et leurs appuis étrangers », dit-il.

Le drapeau syrien à deux étoiles flotte de nouveau à Hatayteh Turrkman et le soldat de l'armée syrienne passe à une autre bataille plus loin dans les banlieues.

Pour Mohammed, c'est une bonne chose. Le calme est revenu. Pour lui et son petit-fils, il espère que ce soit pour de bon.

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