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Enquête sur la méthode de calcul des francophones minoritaires

30/10/2013 08:20 EDT | Actualisé 30/12/2013 05:12 EST

Le Commissariat aux langues officielles du Canada a ouvert une enquête auprès de Statistique Canada et du Conseil du Trésor sur la façon dont sont comptés les francophones en milieu minoritaire. 

L'examen a été entamé à la suite d'une plainte déposée par la Société franco-manitobaine (SFM).

La SFM estime que la façon dont le gouvernement fédéral comptabilise les francophones en milieu minoritaire est erronée et souhaite l'élargissement des critères d'inclusion.

Ce changement permettrait selon l'organisme franco-manitobain d'augmenter le bassin de francophones recensés pour ainsi accroître l'offre de services en français dans les institutions fédérales comme les bureaux de poste ou les aéroports.

« Pour nous ce qu'on veut faire, c'est de mieux définir les nombres par rapport à comment on est comptabilisé et comment les services sont livrés », explique Daniel Boucher, le président-directeur général de la Société franco-manitobaine.

Selon le calcul administratif dont se plaint la SFM , il y a aurait un peu plus de 41 365  francophones au Manitoba, et ce chiffre sert à déterminer ce qui constitue une demande importante pour les services en français.

La formule actuelle ne comptabilise pas comme francophones les personnes dont la langue maternelle est l'anglais, peu importe l'usage qu'ils font de leur deuxième langue officielle.

Ceux qui ne parlent pas principalement le français à la maison ne sont pas non plus considérés comme francophones, même s'ils travaillent en français ou vivent en français à l'extérieur du foyer familial.

Le président de la SFM pas comptabilisé comme francophone

Selon ces critères, le nouveau président de la Société franco-manitobaine, élu le 24 octobre dernier, n'est pas considéré comme francophone.

La SFM reçoit l'appui de la sénatrice Maria Chaput qui estime qu'il faut changer la façon de comptabiliser les francophones.

« En doublant le nombre, on s'assure de garder les services de la part du gouvernement fédéral et puis on s'assure d'avoir des services là où le nombre le justifie comme ils disent toujours », souligne la sénatrice.

Daniel Boucher propose que la formule soit adaptée pour inclure les immigrants francophones, les familles exogames et les gens issus des écoles d'immersion.

« On ne s'attaque pas à la Loi sur les langues officielles, on s'attaque au règlement », précise le président-directeur général.

Dans le cas d'une décision défavorable du Commissaire aux langues officielles, la SFM n'écarte pas un recours devant la Cour fédérale.

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