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En route pour Calgary

30/10/2013 06:05 EDT | Actualisé 30/12/2013 05:12 EST

BLOGUE DE MANON GLOBENSKY - Voici venu, enfin, le congrès du Parti conservateur qui aurait dû se tenir en juin, mais qui a été retardé en raison des inondations qui ont sévèrement paralysé Calgary. Les conservateurs, à ce moment-là, ont poussé un soupir de soulagement en se disant que l'affaire Nigel Wright-Mike Duffy, qui battait alors son plein, ne serait plus un problème fin octobre.

Il faut espérer qu'ils n'ont pas trop parié là-dessus, parce qu'au moment où la plupart des délégués au congrès se mettent en route, l'affaire Wright-Duffy est non seulement encore d'actualité, elle commence à miner le gouvernement.

L'atmosphère ne sera pas joyeuse à Calgary entre les militants et les élus gouvernementaux, au point où un blizzard jamais vu en octobre, s'abattant sur Calgary pendant deux jours, serait peut-être le bienvenu. Imaginez l'humeur des militants qui voient les données du plus récent sondage de la maison Ekos pour le site web iPolitics. Depuis les dernières élections, il y a deux ans, les conservateurs ont perdu 13 points dans les intentions de vote et les néo-démocrates 6 points, presque tous ces votes allant aux libéraux qui prennent une solide avance.

Les mauvaises nouvelles ne s'arrêtent pas là : plus de répondants croient que le pays et le gouvernement s'en vont dans la mauvaise direction. Dans le cas du gouvernement, par exemple, 29 % le voient dans la bonne direction alors que 63 % croient qu'il fait fausse route.

Problèmes pour Stephen Harper

Le taux d'approbation du premier ministre flirte avec les mêmes proportions : 24 % croient qu'il fait du bon travail, 69 % non. Justin Trudeau et Thomas Mulcair sont tous deux autour du 50 % d'approbation.

Là où cela fait encore plus mal, c'est que ce sondage Ekos révèle que plus de gens croient la version des événements de Mike Duffy (40 %) que le premier ministre Harper (18 %) quand il clame qu'il n'était pas au courant du chèque de 90 000 $ fait par son ex-chef de cabinet Nigel Wright à Mike Duffy.

De plus, le président de Ekos Research, Frank Graves, a voulu mesurer à quel point les répondants accordent de l'importance au scandale du Sénat, comparativement à des scandales du passé. Les trois quarts (75 %) des personnes interrogées pensent que le Sénat-gate est grave, 73 % pensaient la même chose de l'affaire des appels automatisés en 2011 et 65 % jugeaient très sérieux le scandale des commandites en 2004.

Ce n'est pas seulement la « bulle » de la colline du Parlement qui prête attention au Sénat-gate, écrit Frank Graves, cela va bien au-delà.

Des militants de mauvaise humeur

Donc, les militants ne seront pas dans les meilleures dispositions, puisqu'ils ont appris, en plus, que leurs petits dons chèrement amassés de 30, 40 ou 50 $ ont servi à rembourser un peu plus de 13 500 $ de frais juridiques au sénateur Duffy. Les partis politiques viennent ainsi en aide aux membres du caucus aux prises avec les tribunaux, fait valoir Stephen Harper depuis le début de la semaine. Aussi difficile à avaler qu'une huître des Prairies...

Mais verrons-nous cette mauvaise humeur? Un haut responsable du Parti conservateur en Alberta a envoyé un courriel aux membres du parti qui aurait pu s'intituler : prière de ne pas nourrir les reporters. Il conseille urgemment aux conservateurs de refuser de répondre à toutes les questions sur l'affaire Duffy et de laisser le directeur des communications du parti se débrouiller avec les journalistes.

Vendredi soir, tout de même, on verra, lors de son discours, comment Stephen Harper entend s'y prendre pour apaiser la grogne, lui qui croyait avoir trouvé la parade au scandale en excluant Mike Duffy, Pamela Wallin et Patrick Brazeau. Il n'y a pas de blizzard à l'horizon à Calgary, mais la tempête n'en sera pas moins dans les corridors et les suites du centre des Congrès.

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