POLITIQUE

Sénat : Harper est excédé

29/10/2013 12:13 EDT | Actualisé 29/12/2013 05:12 EST
PC

L'impatience du premier ministre Stephen Harper était palpable, mardi, à la Chambre des communes, alors que la période des questions a été le théâtre de nouveaux heurts entre les conservateurs et l'opposition au sujet du scandale qui ébranle le Sénat.

Le chef de l'opposition Thomas Mulcair a, une fois de plus, pressé Stephen Harper de s'expliquer sur les circonstances ayant mené à la remise d'un chèque de 90 000 $ au sénateur Mike Duffy par l'ancien chef de cabinet de M. Harper, Nigel Wright. « C'est quoi la vraie histoire? », a demandé Thomas Mulcair.

Le premier ministre a répondu en incriminant directement son ancien bras droit : « De notre côté, la personne responsable de cette tromperie est Nigel Wright, de son propre aveu. Et, pour cette raison, il ne travaille plus pour nous ».

Stephen Harper s'en est pris aussi à Mike Duffy, qui y était allé la veille de nouvelles allégations, affirmant qu'un deuxième chèque lui avait été versé, cette fois pour rembourser ses frais légaux dans cette histoire. Mike Duffy soutient avoir reçu « au moins deux chèques », dont un de 13 560$ du Parti conservateur, destiné à rembourser ses frais d'avocats. Cela s'ajoute au chèque qu'aurait signé Nigel Wright, afin qu'il rembourse des allocations de logement auxquelles M. Duffy n'avait pas droit.

D'un ton cassant, le premier ministre a affirmé que le sénateur Duffy n'avait pas exprimé de remords pour ses gestes et qu'il n'avait pas remboursé un cent de l'argent qu'il a pris aux contribuables pour des dépenses inappropriées. « Pour ce faire, il doit être privé de salaire », a tranché le premier ministre.

Relativement aux frais légaux encourus par M. Duffy, le premier ministre Harper a cependant reconnu que le parti conservateur avait pour usage de rembourser les frais légaux des membres de son caucus. « Tout comme le font les autres partis », a tranché M. Harper.

« Si ce qu'il [le sénateur Duffy] a fait était inapproprié, pourquoi le Parti conservateur a-t-il payé ses frais légaux ? » s'est insurgé Thomas Mulcair. Le premier ministre a esquivé cette question.

Le premier ministre Harper appelle la Chambre haute à voter sur les motions qui sont destinées à priver les trois sénateurs tombés en disgrâce de leur salaire durant deux ans. Le Sénat pourrait procéder à ce vote jeudi ou vendredi.

La semaine dernière, le scénario présenté par le sénateur Duffy pour expliquer de quelle manière, à son avis, le bureau du premier ministre avait orchestré le remboursement de ses dépenses avait donné lieu à une période de questions houleuse à la Chambre des communes.

Stephen Harper avait dû faire face à un barrage de questions venant de l'opposition, qui tente de déceler de présumées défaillances dans les déclarations faites par M. Harper dans cette affaire. Rappelons que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) enquête sur les dépenses des trois sénateurs.

Mike Duffy, Patrick Brazeau et Pamela Wallin assurent qu'ils n'ont rien fait de mal et qu'ils sont victimes d'un scénario concocté par le bureau du premier ministre pour étouffer le scandale.

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