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Nord-est de la Syrie: éclosion confirmée de 10 cas de poliomyélite

29/10/2013 06:41 EDT | Actualisé 29/12/2013 05:12 EST

GENÈVE - L'Organisation mondiale de la santé (OMS) confirme dix cas de poliomyélite dans le nord-ouest de la Syrie.

Il s'agit de la première éclosion de cette maladie en Syrie en 14 ans. Un important dirigeant onusien demande à toutes les parties de la guerre civile syrienne de permettre aux travailleurs humanitaires de se rendre jusqu'aux 500 000 enfants qui n'ont jamais été vaccinés.

Les responsables attendent les résultats de tests effectués sur 12 autres patients qui présentaient des symptômes de polio, a indiqué un porte-parole de l'OMS, Olivier Rosenbauer. Il a révélé que tous les cas confirmés sont ceux de bambins âgés de moins de deux ans.

La guerre civile syrienne, qui fait rage depuis près de trois ans, a provoqué l'effondrement des services de soins de santé dans plusieurs régions du pays.

Cette annonce est survenue au moment où l'émissaire de la Ligue arabe et des Nations unies, Lakhdar Brahimi, rencontrait un des principaux dirigeants de l'opposition à Damas. M. Brahimi a lancé une mission diplomatique pour tenter de convaincre tous les intervenants de participer à une conférence de paix le mois prochain, à Genève.

Le virus de la polio infecte normalement les enfants par la consommation de vivres ou de liquides contaminés avec des excréments. Il s'attaque au système nerveux et peut paralyser, voire tuer, les victimes. Il peut se propager rapidement et demeurer invisible avant de commencer à invalider les enfants.

«C'est une maladie transmissible — avec le déplacement des populations, elle peut se propager à d'autres secteurs, a dit M. Rosenbauer. Le risque de contamination est donc élevé dans toute la région.»

Le directeur exécutif de l'Unicef, Anthony Lake, qui était en visite à Damas, a affirmé que l'épidémie de polio «n'est pas un problème distinct pour la Syrie, il fait aussi partie du problème plus large».

Lors d'une entrevue accordée à l'Associated Press, il a indiqué que l'agence onusienne et l'OMS prévoient vacciner 2,4 millions d'enfants à travers la Syrie, dont 500 000 qui n'ont jamais été vaccinés contre cette maladie.

M. Lake a dit avoir eu des discussions «professionnelles et encourageantes» avec des dirigeants syriens concernant l'accès aux zones de guerre, où les enfants vivent fréquemment dans des conditions horribles. Il a ajouté que des négociations avec les rebelles doivent encore avoir lieu.

«Les vaccins n'ont rien de politique, ils n'ont rien à voir avec les questions militaires et nous avons donc toutes les raisons de croire (...) qu'on nous donnera accès à ces communautés», a-t-il déclaré.

La Syrie a lancé une campagne de vaccination à travers le pays quelques jours seulement après que l'OMS ait fait état d'enfants présentant des signes de polio dans la province de Deir el-Zour, mais la campagne est incapable de rejoindre toutes les régions du pays.

Même si la polio reste endémique dans seulement trois pays, le Pakistan, l'Afghanistan et le Nigeria, plusieurs pays ont vécu cette année une réapparition de la maladie, par le biais de virus venus d'ailleurs. Parmi ces pays figure la Somalie, où les campagnes de vaccination contre la polio ont été abandonnées pendant quatre ans à cause du conflit dans le sud du pays. Aucun cas de polio n'avait été constaté en Syrie depuis 1999.

Par ailleurs, le président syrien Bachar el-Assad a viré le prermier ministre adjoint qui a rencontré des responsables américains la fin de semaine dernière, affirmant qu'il a agi sans autorisation, selon ce que rapporte mardi l'agence de presse gouvernementale.

Qadri Jamil avait discuté de la possibilité d'organiser une conférence de paix à Genève, mais les rencontres n'avaient pas mené à un déblocage. Le régime lui reproche d'avoir agi sans coordination avec le gouvernement, d'avoir contourné les institutions gouvernementales et de s'être absenté sans permission.

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