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Manque de transparence à l'Office national de l'énergie

29/10/2013 04:34 EDT | Actualisé 28/12/2013 05:12 EST

Les Canadiens n'ont pas accès à suffisamment d'informations sur l'état des pipelines qui sillonnent le pays, en grande partie parce que l'organisme qui réglemente l'industrie fait piètre figure en matière de transparence, selon un expert qui a analysé les données.

Et la situation n'est guère beaucoup plus reluisante au Québec, puisque les données publiques du ministère de l'Environnement indiquent rarement la source des déversements de produits pétroliers.

Un fichier central au pays serait utile, mais ce n'est pas dans les plans de l'Office national de l'énergie (ONE).

Au Québec, le pipeline 9B d'Enbridge traverse notamment la municipalité de Très-Saint-Rédempteur, ce qui inquiète Katherine Massam, une résidente qui a fondé le groupe Citoyens au courant. 

« J'aurais aimé savoir où il était, à quelle profondeur, quand il avait été construit. Qu'est-ce qui coulait dedans? Quelle était l'histoire des accidents et des ruptures sur ce pipeline », explique celle qui a fait des recherches pour en savoir davantage sur le pipeline.

Mais le seul outil officiel et indépendant est le site Internet de l'ONE, qui est peu convivial et contient peu de détails sur les pipelines sous sa juridiction.

Il s'agit d'une grave lacune, estime Carl Weimer, directeur général du Pipeline Safety Trust, un organisme américain sans but lucratif faisant la promotion de la sécurité des pipelines.

« Or, il est essentiel que le public soit mieux informé, parce qu'il peut ainsi faire changer les pratiques de l'industrie et des organismes qui la réglementent », précise-t-il.

« Qu'est-ce qui est vrai, qu'est-ce qui n'est pas vrai? Que sont les faits? Est-ce que mon eau va être contaminée? Quel est le pourcentage de risques? C'est très difficile de le savoir », déplore Katherine.

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, l'ONE précise qu'il fait beaucoup d'efforts depuis deux ans pour divulguer plus d'informations sur ses activités de surveillance et de conformité.

Et il suggère aux Canadiens qui veulent en savoir plus de lui adresser une demande d'accès à l'information. Une démarche qui n'est pas gratuite, mais qui, selon l'ONE, est aussi simple que de poster une lettre.

D'après un reportage de Sylvie Fournier

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