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Intimidation des employés de la Ville : « Je trouve ça très dur » , confie un col bleu

29/10/2013 03:39 EDT | Actualisé 28/12/2013 05:12 EST

Un col bleu de la Ville de Québec, qui s'est confié à Radio-Canada, se dit victime d'injures au quotidien de la part de citoyens en raison des déclarations de Régis Labeaume sur les conditions de travail des employés de la Ville.

Donald Pichette a spontanément approché une équipe de Radio-Canada qu'il a croisée alors qu'il collectait des poubelles municipales. « C'est pas facile pour nous autres, je trouve ça très dur », soutient le travailleur qui en avait gros sur le cœur.

Le col bleu affirme que des citoyens lui crie après et l'insulte lorsqu'il stationne son camion de la Ville pour ramasser une poubelle.

« Lorsque j'arrête mon camion pour prendre ma poubelle, ils crient après moi. Ça me met du stress. Je ne veux pas me blesser, je vais plus vite pour essayer de ne plus être dans leurs jambes. On vient stressé à la longue », dit-il.

Depuis la diffusion d'une lettre de menaces à l'endroit des syndiqués, il craint également pour sa santé et celles de ses proches. Un groupe inconnu a dit vouloir soumettre les chefs syndicaux, les syndiqués et leurs proches à une « partie de bâton de baseball ».

« Ma famille peut se faire attaquer, mes enfants, mon épouse, tout le monde, ça ne marche plus. C'est rendu stressant à la Ville. On peut tomber en burnout à cause de ça, parce qu'on a de la pression partout. À un moment donné, c'est dur pour le moral », confie Donald Pichette.

Le travailleur estime que ce climat de travail prévaut depuis des mois, mais il n'observe pas de recrudescence depuis le début de la campagne électorale.

Il faut que ça cesse, dit Lemelin

Le chef de Démocratie Québec a commenté mardi le climat qui s'est installé entre l'administration Labeaume et les syndicats. Pour David Lemelin, Régis Labeaume devrait se garder d'attiser le feu.

« Il faut vraiment que ça cesse. Régis Labeaume s'amuse à mettre une bûche dans le foyer pour que ça puisse allumer, mais ça brûle le feu, c'est dangereux. Il faut arrêter à un moment donné », a dit David Lemelin.

Son candidat dans le district de Vanier, Denis Langlais, estime que des propos tenus par le maire peuvent inciter des citoyens à poser des gestes haineux. 

« Je veux absolument pas qu'il y ait d'association, mais on a déporté quelqu'un au Rwanda justement parce qu'il avait tenu des propos qui avaient contribué à attiser la haine. Il faudrait être extrêmement prudent quand on utilise des mots et qu'on se sert de sa charge publique pour attiser des comportements qui sont répréhensibles », dit l'avocat, en faisant référence à l'affaire Leon Mugesera.

Par ailleurs, le syndicat des cols blancs a indiqué par voie de communiqué qu'il « prévoit ne plus intervenir dans le débat public jusqu'aux élections ». Le syndicat attend l'avis de ses procureurs sur la possibilité de poursuivre au civil ou au criminel le maire sortant pour incitation à la haine et à la violence en lien avec la lettre de menaces adressée aux syndiqués.

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