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Espionnage: les États-Unis n'ont pas agi seuls, dit le patron de la NSA

29/10/2013 10:01 EDT | Actualisé 29/12/2013 05:12 EST

WASHINGTON - Le directeur de l'Agence de sécurité nationale (NSA) a fait valoir mardi que les États-Unis n'avaient pas agi seuls pour épier les échanges téléphoniques de millions de citoyens européens.

Le général Keith Alexander a affirmé que les millions d'enregistrements avaient été captés dans le cadre du programme de l'OTAN visant à protéger les pays membres et les activités militaires.

Le général a pris la parole, mardi, devant un comité sur les services de renseignement de la Chambre des représentants, au coeur de vives critiques de leaders européens sur des pratiques d'espionnage.

M. Alexander a soutenu que les données de la NSA sur les appels téléphoniques mettent en lumière les renseignements fournis aux États-Unis par des partenaires de l'OTAN — qui compte actuellement 28 pays membres dont le Canada, la France et l'Allemagne.

Il a aussi réfuté que le programme ciblait les citoyens européens, sans donner plus de détails.

Le même jour, le directeur du renseignement des États-Unis a défendu l'espionnage d'alliés comme étant nécessaires, et a ajouté que de telles pratiques étaient utilisées largement par d'autres pays que les États-Unis.

James Clapper a également affirmé que la collecte de données téléphoniques avait été menée avec l'aide de gouvernements européens.

Tout de même, des leaders au Congrès américain ayant été de fidèles partisans des programmes de la NSA affirment désormais qu'il est temps d'examiner les pratiques en profondeur. La Maison-Blanche a indiqué mardi que le président Barack Obama avait ordonné une révision complète des programmes, et qu'il envisageait des changements.

Les programmes de surveillance post-11 Septembre 2001 des États-Unis font l'objet de critiques intenses et accrues au pays et à l'étranger, alimentées par de récentes révélations selon lesquelles la NSA a épié des conversations téléphoniques de la chancelière allemande Angela Merkel et d'une trentaine d'autres dirigeants étrangers. Ces informations émanent de documents fournis par l'ancien sous-contractant de la NSA Edward Snowden.

Plus tôt mardi, le bureau du procureur général d'Espagne avait annoncé une enquête préliminaire dans la foulée d'allégations selon lesquelles la NSA aurait commis des actes d'espionnage au pays.

Le bureau a expliqué que l'enquête vise à déterminer si un crime a été commis et si l'Espagne devrait ouvrir une enquête formelle. L'enquête préliminaire pourrait durer plusieurs semaines.

Lundi, le quotidien El Mundo a publié un document qui démontrerait que la NSA a épié plus de 60 millions d'appels téléphoniques en Espagne en un seul mois.

Les responsables espagnols ont indiqué ne rien savoir d'un tel espionnage américain, mais ils se sont dits confiants que Washington sera en mesure de fournir une explication raisonnable. Ils ont aussi prévenu que le climat de confiance mutuelle serait endommagé si les allégations s'avéraient.

La semaine dernière, la chancelière allemande Angela Merkel avait affirmé que le lien de confiance était brisé avec les États-Unis, en raison des allégations sérieuses d'espionnage de dirigeants étrangers et de citoyens.

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