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Attaque de Tiananmen: la Chine soupçonne des militants ouïghours

29/10/2013 08:57 EDT | Actualisé 29/12/2013 05:12 EST

PÉKIN, Chine - La police chinoise tentait mardi d'en apprendre un peu plus au sujet de deux militants ouïghours qui seraient impliqués dans l'incident qui a fait cinq morts et 38 blessés lundi, sur la place Tiananmen.

La police n'a pas fourni de motif possible concernant les événements de lundi, alors qu'une voiture ayant trois personnes à son bord a foncé dans la foule qui s'était massée près de l'entrée sud de la Cité interdite, au pied d'un gigantesque portrait de Mao Zedong. Les enquêteurs ont toutefois demandé aux hôtels de Pékin de les aider à retracer deux suspects et potentiellement d'autres conspirateurs.

Les trois occupants de la voiture ont été tués, en plus de deux touristes. Trente-huit autres personnes ont aussi été blessées.

L'incertitude planait quant à savoir si les deux Ouïghours auraient pu périr dans le véhicule ou s'ils étaient toujours en fuite, et s'ils auraient pu être liés à des groupes militants dans la région ouest de Xinjiang, où des radicaux combattent dans une insurrection de faible intensité de longue date contre le pouvoir communiste.

Une telle attaque, si elle est confirmée, serait la première dans l'histoire récente à l'extérieur de Xinjiang, et la plus ambitieuse étant donné la cible choisie.

Les employés d'au moins deux hôtels de la capitale ont confirmé que la police leur a transmis une demande d'information concernant deux suspects portant des noms ouïghours. Les employés d'autres établissements ont indiqué qu'on leur avait ordonné de ne pas discuter de l'affaire.

Les autorités ont demandé aux hôtels de leur rapporter tout visiteur ou véhicule suspect qui serait passé chez eux depuis le 1er octobre. Un des suspects, Yusupu Wumaierniyazi, habiterait la grande ville ouïghoure de Xinjiang, où 24 policiers et civils et 13 militants ont été tués lors d'une attaque le 26 juin.

Les Ouïghours se distinguent culturellement, linguistiquement et religieusement de la majorité chinoise des Han. Plusieurs Ouïghours, dont certains militants plus radicaux, dénoncent la gouverne du Parti communiste dans leur région.

Le véhicule a explosé en flammes après l'accident. Il semblait s'agir d'un geste délibéré, puisque le conducteur a franchi une distance d'environ 400 mètres en évitant des arbres, des feux de circulation et au moins un poste de contrôle avant de s'écraser contre un rail de sécurité.

Des témoins racontent aussi que le conducteur a klaxonné furieusement, ce qui permet de croire qu'il ne cherchait pas à tuer le plus grand nombre possible de gens.

À Xinjiang cette année, des dizaines de personnes ont été tuées dans des affrontements entre les forces de sécurité et des militants ouïghours, qui seraient selon le gouvernement influencés par des enseignements jihadistes et auraient joint les rangs de combattants d'allégeance du réseau Al-Qaïda en Syrie.

La Chine a offert peu d'éléments de preuve pour soutenir ces allégations. Néanmoins, la région de Xinjiang est voisine de l'Afghanistan et d'États instables de l'Asie centrale où la violence de militants islamistes est courante, et les Ouïghours figureraient parmi des activistes qui trouvent refuge dans la région du nord-ouest du Pakistan.

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