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Violences de 2010 en Thaïlande: l'ex-premier ministre Abhisit sera accusé

28/10/2013 04:10 EDT | Actualisé 28/12/2013 05:12 EST

BANGKOK - Les procureurs thaïlandais ont annoncé lundi qu'ils porteraient des accusations contre un ancien premier ministre et son adjoint, pour leur rôle allégué dans la mort de manifestants durant un coup de force mené contre un imposant rassemblement antigouvernemental à Bangkok en 2010.

L'annonce survient après une controverse entourant un projet de loi, qui pourrait accorder l'amnistie aux personnes impliquées dans le conflit politique ayant déchiré le pays pendant près d'une décennie.

L'ancien premier ministre Abhisit Vejjajiva et le vice-premier ministre Suthep Thaugsuban seront formellement accusés d'«incitation à commettre des meurtres et des tentatives de meurtre», à travers les ordres qu'ils ont donnés pour mettre fin à l'occupation du centre-ville de Bangkok par des manifestants antigouvernementaux, a déclaré le porte-parole du bureau du procureur général, Nanthasak Poolsuk, devant les journalistes.

Plus de 90 personnes, en majorité des manifestants, avaient été tuées durant le rassemblement des «Chemises rouges». Des dizaines de milliers de manifestants s'étaient alors rassemblés pendant neuf semaines au coeur de la capitale thaïlandaise pour forcer le premier ministre Abhisit à convoquer des élections anticipées. Le mouvement des Chemises rouges était principalement composé de partisans de l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra, qui a été renversé lors d'un coup d'État en 2006.

MM. Abhisit et Suthep sont accusés d'avoir autorisé «l'usage non justifié d'armes» par les forces de sécurité durant la rafle contre les manifestants, qui a mené «à des décès et à de nombreuses blessures causées aux manifestants et aux personnes qui se trouvaient à proximité».

Les deux hommes, qui sont maintenant députés de l'opposition, bénéficient de l'immunité parlementaire pendant que le Parlement siège, mais ils pourront être mis en accusation formellement à la fin de la session, le 28 novembre.

Un porte-parole du Parti démocrate a indiqué lundi que les deux hommes étaient prêts à se défendre en cour face aux accusations.

Il s'agit des premières accusations portées contre des responsables du gouvernement pour leur rôle dans les violences politiques de 2010.

Ces accusations pourraient toutefois être annulées si le Parlement adopte un projet de loi controversé qui accorderait l'amnistie à toutes les personnes impliquées dans les violences politiques depuis le coup d'État de 2006.

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