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Relevé de ses fonctions à sa demande, Boisclair attend toujours une réaffectation

28/10/2013 04:18 EDT | Actualisé 28/12/2013 05:12 EST

QUÉBEC - Relevé à sa demande de ses fonctions de délégué général du Québec à New York, l'ex-chef péquiste André Boisclair attend encore sa nouvelle affectation, a indiqué lundi un porte-parole du gouvernement.

Attaqué par la Coalition avenir Québec (CAQ), qui a relié sa consommation passée de cocaïne à une promesse de subvention, M. Boisclair a quitté son poste il y a un mois afin d'avoir la marge de manoeuvre pour se défendre.

Le secrétaire général associé à la communication gouvernementale, Hubert Bolduc, a déclaré lundi que M. Boisclair n'avait toujours pas reçu de nouvelle affectation.

«Il n'en a pas encore», a-t-il dit lors d'une entrevue téléphonique.

Il y a un mois, le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée, avait affirmé que M. Boisclair serait utilisé à d'autres tâches durant la période où il était relevé de ses fonctions.

M. Bolduc a affirmé que le délai actuel de réaffectation de M. Boisclair est encore en deçà de la moyenne des situations où un haut fonctionnaire est relevé temporairement de ses fonctions.

«Quand on regarde l'historique des gens qui ont pris ou à qui on a offert ou donné une suspension de leurs fonctions, ça va entre trois et 16 mois avant qu'ils ne réintègrent soit la même fonction, soit une autre fonction, a-t-il dit. Alors ça fait à peine un mois, on est encore en deçà de la moyenne.»

Par ailleurs, le décret adopté par le conseil des ministres pour abolir la permanence de M. Boisclair dans la fonction publique devrait être publié d'ici la semaine prochaine, a indiqué M. Bolduc.

Pour calmer le tollé suscité par l'accession de M. Boisclair à la haute fonction publique, simultanément à sa nomination à New York, la première ministre Pauline Marois avait décidé l'an dernier de modifier ses conditions d'embauche, jugées trop généreuses par l'opposition.

En plus de son poste de délégué général du Québec à New York, assorti d’un salaire de 170 000 $, M. Boisclair avait aussi été nommé sous-ministre adjoint, un poste qu’il aurait pu intégrer après son mandat aux États-Unis.

Le 27 septembre dernier, M. Boisclair avait demandé au secrétariat aux emplois supérieurs d'être relevé de ses fonctions temporairement afin de se défendre contre les allégations du député caquiste Jacques Duchesneau, concernant l'octroi d'une subvention à un projet bénéficiant à une entreprise infiltrée par le crime organisé.

Par la suite, M. Boisclair avait annoncé son intention de poursuivre en diffamation M. Duchesneau, la CAQ, ainsi que son chef François Legault, une menace qui ne s'est pas encore concrétisée, a indiqué lundi l'aile parlementaire caquiste.

La députée libérale Lise Thériault croit que rien n'empêche M. Boisclair de réintégrer ses fonctions à New York, où un fonctionnaire assure l'intérim depuis le début du mois.

«C'est une grosse tempête dans un verre d'eau, a-t-elle dit en entrevue téléphonique. Il y avait beaucoup d'allégations, ce n'était fort probablement pas justifié non plus, on a tous compris qu'il y avait un certain raccourci. Sauf que ce n'est pas normal pareil qu'un homme soit payé 3000 $ par semaine à rien faire, qu'il soit assis chez lui en attendant, d'autant plus que c'est lui qui a demandé à être relevé de ses fonctions.»

La perspective que M. Boisclair intente des poursuites ne devrait pas constituer une entrave à ses activités comme délégué à New York puisque ce litige serait entendu par des tribunaux québécois, a indiqué la députée.

«M. Boisclair devrait retourner comme délégué du Québec à New York, sinon c'est à M. Lisée de lui trouver quelque chose à faire», a-t-elle dit.

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