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Le président soudanais veut juger 58 manifestants pour subversion

28/10/2013 06:19 EDT | Actualisé 28/12/2013 05:12 EST

KHARTOUM, Soudan - Le président du Soudan a annoncé lundi que 58 personnes seront traduites en justice pour leur rôle allégué dans les violentes manifestations antigouvernementales du mois dernier.

La décision du gouvernement de cesser de subventionner le carburant a déclenché des semaines de manifestations et d'émeutes à partir du 22 septembre. À certains endroits, les manifestations se sont transformées en appels à la démission du président Omar el-Béchir, qui dirige le pays depuis plus de 20 ans.

Le président a déclaré devant le Parlement que l'enquête sur ce mouvement de protestation avait montré que 58 personnes étaient impliquées dans des actes de «subversion» et des «meurtres». Il a accusé certains manifestants de vouloir se servir des «récentes décisions économiques» comme prétexte pour renverser le gouvernement.

Les manifestants ont voulu «inciter les gens à se joindre aux manifestations» et ont mobilisé «des groupes criminels, qui ont commis des actes de subversion, de sabotage, des pillages et des meurtres», a déclaré Omar el-Béchir dans un discours télévisé.

Les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les manifestants et au moins 50 personnes auraient été tuées. Des centaines d'autres ont été arrêtées.

Le discours du président survient quelques jours après que le principal réformateur au sein du parti au pouvoir eut annoncé son intention de former son propre parti. Il a été suspendu pour avoir condamné la répression du gouvernement face aux manifestations, le plus récent signe du désenchantement de certaines élites politiques face au régime d'Omar el-Béchir.

Le président soudanais est recherché par la Cour pénale internationale pour des allégations liées au conflit au Darfour, dans l'ouest du Soudan, où quelque 300 000 personnes auraient péri depuis 2003 dans les combats entre les tribus appuyées par le gouvernement et les rebelles.

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