NOUVELLES

La NSA américaine aurait épié 60 millions d'appels espagnols en un mois

28/10/2013 09:54 EDT | Actualisé 28/12/2013 05:12 EST

MADRID - L'Agence nationale de sécurité (NSA) des États-Unis aurait épié 60 millions d'appels téléphoniques placés en Espagne en l'espace de seulement un mois, rapporte le quotidien El Mundo.

La semaine dernière, le quotidien français Le Monde y allait d'allégation similaires en France pendant que le magazine allemand Der Spiegel affirmait que la NSA avait placé sous écoute un téléphone portable utilisé par la chancellière Angela Merkel. Les leaders du Mexique et du Brésil auraient aussi été surveillés.

El Mundo affirme que la NSA a surveillé la durée de ces appels et les numéros impliqués, mais non leur contenu. Le quotidien ajoute que la NSA aurait aussi été en mesure d'épier les courriels et les textos des usagers.

Le document consulté par El Mundo aurait été coulé par Edward Snowden, l'ancien sous-traitant de la NSA recherché par les États-Unis mais à qui la Russie a accordé l'asile.

Tout comme cela était le cas pour l'article publié par Le Monde, le texte d'El Mundo est co-signé par Glenn Greenwald, le journaliste britannique qui a été le premier à étaler au grand jour le programme de la NSA. El Mundo dit avoir conclu avec M. Greenwald un accord d'exclusivité concernant les documents qui touchent l'Espagne.

L'ambassadeur des États-Unis en Espagne, James Costos, a rencontré des dirigeants du ministère espagnol des Affaires étrangères pendant 45 minutes, lundi.

Le ministère a publié un communiqué dans lequel il affirme avoir prévenu les États-Unis que de telles pratiques, «si elles sont vraies, sont inappropriées et inacceptables entre alliés».

Le plus important quotidien du pays, El Pais, citait la semaine dernière des dirigeants espagnols anonymes selon qui des documents obtenus par Snowden démontrent que la NSA a épié les appels téléphoniques, les textos et les courriels de millions d'Espagnols, en plus de placer sous écoute de nombreux membres du gouvernement.

Par ailleurs, lundi, des dirigeants de l'Union européenne en visite à Washington ont prévenu que ces allégations d'espionnage pourraient avoir un impact sur la négociation d'un accord de libre-échange entre les États-Unis et l'Europe.

Le président du Comité des affaires étrangères du Parlement européen, Elmar Brok, qui dirige cette délégation, a déclaré aux journalistes que la collaboration antiterrorisme doit se poursuivre, mais que l'Europe doit être mieux respectée et protégée par des accords de protection des données qui seront négociées à même l'entente de libre-échange.

Il a prévenu que l'accord tout entier pourrait être touché si aucune entente n'est conclue.

PLUS:pc