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La libération proposée de prisonniers provoque une tempête politique en Israël

28/10/2013 01:49 EDT | Actualisé 28/12/2013 05:12 EST

JÉRUSALEM - Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou était confronté lundi à une gigantesque tempête politique déclenchée par la libération proposée de 26 détenus palestiniens tous reconnus coupables d'attaques meurtrières contre des Israéliens.

Les détenus devaient être remis en liberté mardi, dans le cadre d'une entente négociée par les États-Unis pour relancer les négociations de paix avec les Palestiniens l'été prochain.

Deux autres libérations, touchant certains des prisonniers détenus depuis le plus longtemps, sont prévues au cours des prochains mois.

Parmi les détenus qui devaient être libérés mardi on retrouve des individus incarcérés pour le meurtre d'un réserviste de l'armée et d'un homme ayant survécu aux camps de la mort nazis. Plusieurs de ces meurtres ont été commis avant le début des négociations de paix, en 1993.

Israël a une longue histoire d'échanges de prisonniers à sens unique avec ses adversaires arabes. Mais la libération de cette semaine a provoqué une véritable fureur puisqu'Israël ne reçoit pratiquement rien en échange, à part la possibilité de participer à des négociations qui, de l'avis de plusieurs, sont vouées à l'échec.

«La libération de terroristes est immorale, elle affaiblit Israël et elle met en danger des citoyens israéliens, a écrit sur Facebook Naftali Bennett, le leader du parti ultranationaliste Le Foyer juif. Israël s'humilie depuis 20 ans avec des ententes de libération de terroristes, et il est temps que ça cesse.»

Pini Roserberg, dont le père, qui avait survécu au camp de Sobibor, a été tué à la hache en 1994, estime que les ministres n'ont pas pris en compte l'impact émotionnel sur les familles des victimes. Un des responsables de ce meurtre devait être remis en liberté mardi.

«Pour eux ces meurtriers ne sont que des pions à échanger un jour. S'ils prenaient en compte les émotions, ils seraient incapables d'agir», a-t-elle déclaré sur les ondes de la radio militaire.

Les détracteurs de M. Nétanyahou, y compris les membres les plus modérés de son parti, affirment que le premier ministre aurait pu éviter cette libération s'il avait accepté les demandes palestiniennes de mettre fin à la colonisation en Cisjordanie ou de démarrer des négociations ayant comme point de départ un État palestinien basé sur les frontières d'Israël avant 1967.

Les Palestiniens réclament la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza pour leur futur État.

«Nétanyahou a choisi en toute bonne conscience, craignant ses alliés politiques, de libérer des prisonniers plutôt que de geler des colonies isolées, a déploré la leader de l'opposition, Shelly Yachimovitch. C'est difficile à digérer et abusif, et ça blesse surtout les familles des gens qui ont été tués.»

M. Nétanyahou a déjà fait savoir qu'il annoncera de nouveaux projets de colonies, possiblement pour compenser pour ces libérations. S'adressant aux membres de son parti, le Likoud, lundi, il a déclaré que cette libération compte parmi les décisions les plus difficiles qu'il ait eu à prendre.

«C'est en raison de l'injustice de voir ces criminels être libérés sans avoir complété leur peine. Mon coeur va aux familles éplorées et mon coeur saigne», a-t-il dit.

La nouvelle a été accueillie avec joie dans les Territoires palestiniens, où les prisonniers sont perçus comme des héros dans la lutte contre l'occupation israélienne. À Gaza et en Cisjordanie, des familles ont chanté, ont fait jouer de la musique et ont agité des images de leurs proches.

Israël prévoyait libérer les hommes en pleine nuit pour éviter tout célébration.

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