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Des détenus sud-africains auraient été soumis à des séances d'électrochocs

28/10/2013 05:43 EDT | Actualisé 28/12/2013 05:12 EST

JOHANNESBOURG, Afrique du Sud - Le personnel d'une prison sud-africaine aurait administré des électrochocs en guise de punition à des détenus et leur aurait injecté des médicaments antipsychotiques contre leur volonté, a rapporté un groupe d'enquête lundi. Le gouvernement a promis de faire toute la lumière sur cette affaire.

Le centre correctionnel Mangaung, une prison à sécurité maximale, était géré par la firme de sécurité britannique G4S jusqu'à ce que le gouvernement sud-africain en prenne la responsabilité plus tôt ce mois-ci, après un conflit de travail et des problèmes liés à la sécurité. G4S nie les allégations de mauvais traitements contre les prisonniers.

Le Wits Justice Project, qui enquête sur le système de justice criminelle en Afrique du Sud et qui fait partie du département de journalisme de l'université du Witwatersrand, a compilé depuis un an les récits des prisonniers de Mangaung.

Plus de 30 détenus ont déclaré que les équipes de sécurité de la prison avaient administré des électrochocs sur des prisonniers «problématiques», et six gardiens de la prison ont corroboré ces allégations, a déclaré Ruth Hopkins, une journaliste d'enquête qui participe au projet.

Les détenus ont raconté que les gardiens «les emmenaient dans une cellule, verrouillaient la porte, leur enlevaient leurs vêtements, les installaient sur un cadre de lit en métal, versaient de l'eau et leur administraient des électrochocs», a rapporté Mme Hopkins. Le Wits Justice Project affirme avoir des enregistrements audio où l'on entendrait un homme pleurer lors d'une séance d'électrochocs.

Cinq détenus ont aussi fait des déclarations sous serment affirmant qu'ils avaient été forcés de prendre de puissants antipsychotiques, selon Mme Hopkins. Vingt autres détenus et une infirmière ont corroboré cette affirmation, a-t-elle indiqué.

La firme G4S s'est défendue en affirmant qu'elle ne tolérait pas l'usage d'une force excessive ou inappropriée contre les détenus de Mangaung. «Les membres du personnel de G4S n'ont pas accès aux médicaments et n'en administrent pas», a ajouté l'entreprise de sécurité.

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