POLITIQUE

Les cols blancs préparent une poursuite contre Régis Labeaume

28/10/2013 09:40 EDT | Actualisé 28/12/2013 05:12 EST
PC

Le président du Syndicat des fonctionnaires municipaux de la Ville de Québec (SFMQ) a fait savoir lundi matin que les cols blancs s'apprêtent à poursuivre Régis Labeaume, la Ville de Québec et le directeur général de la Ville, Alain Marcoux.

Jean Gagnon a déclaré qu'un avis de poursuite leur a été signifié dans une mise en demeure envoyée vendredi soir. « La Ville a été avisée que le SFMQ va intenter des poursuites contre la Ville de Québec, contre Régis Labeaume pour obtenir juste réparation », a-t-il lancé.

Les cols blancs imputent au maire sortant le climat tendu et la détérioration dans les relations de travail entre la Ville et les employés municipaux.

« On le tient responsable de ce qui se passe actuellement, des menaces de mort dont les employés de la Ville ont été victimes », a affirmé Jean Gagnon, faisant référence à la lettre de menaces envoyée la semaine dernière par un groupe jusque-là inconnu à des employés et chefs syndicaux et des membres de leur famille.

Jean Gagnon tient à souligner que plusieurs employés municipaux craignent désormais pour leur sécurité au travail et à la maison. « Je sors de chez moi puis je vais vous dire : je fais le tour, je regarde [...] Je suis certain qu'il y a plusieurs employés de la Ville qui font ça, plusieurs officiers syndicaux qui font ça. Asteure, il faut que tu sois un peu plus vigilant », dit-il.

Rappelons que le Syndicat des cols blancs avait déjà déposé une mise en demeure en avril dernier, demandant à Régis Labeaume de cesser de dénigrer publiquement les fonctionnaires municipaux. Le Syndicat disait craindre que ses propos provoquent des gestes violents de la part de citoyens envers les fonctionnaires municipaux.

Le syndicat plaide que Régis Labeaume n'a jamais cessé sa campagne de dénigrement, malgré la mise en demeure du mois d'avril.

« Il nous apparaît clair que la lettre de menaces découle directement des propos injustifiés et exagérés que vous avez continuez de tenir, malgré l'envoi de notre mise en demeure. Soyez avisé que des procédures seront intentées pour obtenir juste préparation », peut-on lire dans le document envoyé vendredi soir à Régis Labeaume.

« Pas de psychose », dit Régis Labeaume

Le maire sortant de Québec a réagi pour la première fois, samedi, à la lettre de menaces envoyée aux employés municipaux.

Contrairement aux syndicats, il refuse de faire un lien entre l'envoi de cette lettre de menace et le bras de fer que se livrent la Ville et les syndicats dans le cadre de la présente campagne électorale. « C'est une ville sécuritaire. Il n'y a pas la psychose qu'on décrit. Ce n'est pas les rapports que j'ai », a-t-il défendu.

Les propos du maire sortant ont fait bondir le président du syndicat des cols blancs. Jean Gagnon estime que Régis Labeaume fait preuve d'irresponsabilité et d'inconscience.

Il rappelle que les cols blancs ont voté, mercredi dernier, dans une proportion de 88 % en faveur de la grève. Pour l'instant, ils ne comptent pas débrayer, mais Jean Gagnon dit que les employés peuvent utiliser leur droit de refus de travailler s'ils se sentent en danger.

Rappelons que la semaine dernière, les cols bleus ont pour leur part déposé des plaintes pour ingérence dans les affaires syndicales et pour négociation de mauvaise foi contre la Ville de Québec et Régis Labeaume. Le Syndicat des employés manuels de la Ville de Québec a fait savoir qu'il pourrait également déposer une poursuite pour diffamation.

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