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Bagage suspect à Montréal-Trudeau: un homme fait face à trois accusations

28/10/2013 05:00 EDT | Actualisé 28/12/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - Un homme d'origine iranienne âgé de 71 ans fait face à trois accusations criminelles parce qu'il aurait tenté d'apporter du matériel servant à la fabrication de bombes à bord d'un avion à l'aéroport Montréal-Trudeau.

Antony Piazza a été accusé lundi. Son arrestation survenue la veille a paralysé l'aéroport de la métropole pendant plusieurs heures et forcé la police à boucler un quartier montréalais pour effectuer des fouilles.

L'avocat de la défense, Louis Morena, a déclaré aux journalistes que son client transportait un sac appartenant à quelqu'un d'autre.

L'audience pour la libération sous caution aura lieu ce mardi.

Né en Iran, Piazza s'appelait Houshang Nazemi avant d'obtenir légalement un changement de nom. C'est sous ce nom d'origine qu'il a été condamné à 10 ans de prison pour trafic de drogue au milieu des années 1980, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Il a brièvement comparu durant l'audience de lundi.

Le septuagénaire est accusé de possession d'une substance explosive, de tentative d'apporter une substance explosive à bord d'un aéronef civil, et de méfait pour avoir menacé la sécurité d'un aéronef ou d'un aéroport et perturbé les activités d'un aéroport.

Selon le procureur Alexandre Gauthier, la dernière accusation est à elle seule passible d'une peine d'emprisonnement maximale de 10 ans.

La Couronne s'est opposée à la libération d'Antony Piazza en attendant la suite des procédures.

«L'enquête est toujours en cours et, pour le moment, c'est difficile de savoir ce qui va en sortir», a déclaré Me Gauthier.

La police a indiqué que le bagage intercepté contenait tout ce qu'il faut pour fabriquer une bombe, sauf des explosifs. Le sac suspect avait été repéré tôt dimanche matin à un point de contrôle du terminal des vols à destination des États-Unis.

Me Morena a toutefois révélé que le bagage n'était pas celui de son client.

«Dans le rapport de police, il a affirmé qu'il était innocent et que le sac appartenait à quelqu'un d'autre», a-t-il raconté aux reporters à l'extérieur de la salle d'audience.

La Couronne n'a pas donné de détails sur ce que transportait Piazza exactement, mais a assuré qu'elle en dirait plus éventuellement.

«Ce n'est pas une substance explosive comme telle, mais c'est une substance explosive selon le Code criminel, a expliqué Alexandre Gauthier. C'est dur d'être plus précis présentement concernant le type de substance, mais c'est certain que nous serons en mesure d'en dire plus durant les prochaines audiences.»

L'avocat de Piazza a mentionné certains des items identifiés par les forces de l'ordre. «Ils ont parlé de balles, de poudre, de fils électriques, de briquets», a-t-il énuméré.

La police a été encore moins précise à ce sujet, se contentant de dire que les objets découverts dans le bagage dimanche n'étaient pas dangereux en soi, mais qu'elle n'avait voulu prendre aucun risque.

«Pour nous, c'est quelque chose de majeur parce que tout était là pour nous faire croire que ça aurait pu être une bombe, un engin explosif, a déclaré le porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal, Ian Lafrenière. Il n'y avait pas d'explosif, mais tout était là pour nous faire croire ça.»

L'identité de la personne qui aurait remis le sac à Antony Piazza demeure un mystère.

«Il ne m'a pas dit qui c'était, a admis Louis Morena. Il a simplement dit que le sac appartenait à quelqu'un d'autre.»

Piazza avait un billet d'avion pour l'étranger en sa possession au moment de son arrestation. L'incident a entraîné de longs délais pour les voyageurs à Montréal-Trudeau dimanche, mais tout est rentré dans l'ordre lundi.

Quelques heures après avoir arrêté l'homme de 71 ans, la police a fouillé l'appartement et l'automobile du suspect à Lasalle et saisi quelques documents.

Malgré son changement de nom, Antony Piazza a accordé une entrevue au journal La Presse en 2006 dans laquelle il s'est présenté sous son nom d'origine.

L'interview portait sur un club vidéo dont il a déjà été propriétaire, l'International Sun Vidéo, qui se spécialisait dans les films iraniens. Lundi, le quotidien a publié une photo de Piazza qui accompagnait l'article paru il y a sept ans.

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