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Présidentielle en Géorgie : écrasante victoire du protégé du Premier ministre, Guiorgui Margvelachvili

27/10/2013 05:44 EDT | Actualisé 27/12/2013 05:12 EST
AFP

Guiorgui Margvelachvili, le candidat du Premier ministre ennemi juré du président sortant Mikheïl Saakachvili a remporté une écrasante victoire à la présidentielle en Géorgie, reconnue par son adversaire.

M. Margvelachvili, 44 ans, un philosophe peu connu du grand public a obtenu 63,8% des voix, selon les premiers résultats officiels portant sur près de 12% des bureaux de vote.

Son adversaire, David Bakradzé, candidat du président sortant Mikheïl Saakachvili arrive loin derrière avec 21,3% des voix.

Dès la publication des sondages sortie des urnes, David Bakradzé a reconnu sa défaite. "Je félicite Guiorgui Margvelachvili pour sa victoire et la confiance que le peuple géorgien lui a accordée", a déclaré M. Bakradzé au cours d'un point de presse.

"C'est notre victoire commune", a précisé M. Margvelachvili devant ses partisans réunis à Tbilissi. Des feux d'artifice ont éclairé le ciel de la capitale géorgienne dès la fermeture des bureaux de vote.

Ce scrutin marque la fin de l'époque tumultueuse de M. Saakachvili, arrivé au pouvoir il y a dix ans à l'issue de la Révolution de la Rose, et du pouvoir présidentiel fort dans cette ex-république soviétique du Caucase de 4,5 millions d'habitants.

Merci au Premier ministre

Le Premier ministre et milliardaire Bidzina Ivanichvili, dont le mouvement Rêve géorgien avait déjà battu Saakachvili aux législatives d'octobre 2012, a déclaré dimanche soir qu'il n'avait eu aucun doute quant à la victoire de son candidat. "Ensemble nous allons construire une Géorgie dont nous rêvons", a-t-il dit.

M. Ivanichvili s'est engagé à quitter la scène politique après l'élection et à désigner son successeur à la tête du gouvernement. "Merci au Premier ministre qui a contribué à ma victoire", a lancé M. Margvelachvili dès la publication des sondages.

"Retour en arrière"

M. Saakachvili qui avait taxé M. Margvelachvili de "marionnette du milliardaire" a voté à Tbilissi où il a été chahuté par ses détracteurs devant le bureau de vote.

Au cours d'une brève allocution à la télévision dans la soirée, il a appelé ses partisans à "respecter l'opinion de la majorité". Il a toutefois souligné que le résultat de l'élection constituait une "déviation sérieuse" de la voie vers la modernisation.

Le taux de participation était relativement faible (46,6%) à cette présidentielle dont le vainqueur aura moins de pouvoirs que le Premier ministre, en vertu d'une réforme constitutionnelle.

Nino Bourdjanadzé, ancienne présidente charismatique du Parlement, alliée puis adversaire de Saakachvili, en bons termes avec le président russe Vladimir Poutine, a obtenu moins de 10% des voix.

Au cours du vote, l'ambassadeur des Etats-Unis en Géorgie Richard Norland a salué le déroulement "pacifique, honnête et transparent" du scrutin.

Aucun homme politique en Géorgie ne conteste le cap à l'ouest prôné par Saakachvili, mais son successeur devra travailler dur pour améliorer les relations avec la Russie.

Les deux pays n'ont plus de relations diplomatiques depuis la guerre de cinq jours d'août 2008 pour le contrôle du territoire séparatiste pro-russe de l'Ossétie du Sud. La Russie avait reconnu dans la foulée deux républiques séparatistes géorgiennes où sont stationnés des milliers de militaires russes.

Les observateurs de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) ont qualifié la campagne de "beaucoup plus calme" que celle des législatives d'octobre 2012, qui avaient vu la première passation de pouvoir pacifique dans ce pays, après la défaite du camp Saakachvili.

Depuis, plusieurs proches alliés de M. Saakachvili ont été arrêtés, suscitant l'inquiétude des capitales occidentales qui soupçonnent des poursuites politiquement motivées.

M. Ivanichvili qui a qualifié M. Saakachvili d'"homme politiquement mort" a averti qu'il pourrait lui aussi être l'objet de poursuites.

Critiqué pour son style autoritaire et surtout pour la guerre désastreuse avec la Russie, M. Saakachvili a cependant réussi en dix ans à endiguer la corruption, à mettre en place des infrastructures et à relancer l'économie de ce pays qui avait connu après la chute de l'URSS en 1991 une guerre civile et la misère.

Les réformes lancées par M. Saakachvili, un avocat formé aux Etats-Unis et en France, n'ont pas été appréciées par tous : le pays a connu plusieurs manifestations dont certaines ont été dispersées violemment par la police.