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Le Mouvement Montréal français invite les candidats à traiter de la langue

27/10/2013 11:54 EDT | Actualisé 27/12/2013 05:12 EST

Les aspirants maires et conseillers de Montréal ont été invités à clarifier leur plan de match en matière de défense de la langue.

C'est le Mouvement Montréal français (MMF) qui leur a tendu cette perche.

Selon un communiqué émis par l'organisation, les candidats ont été conviés à un point de presse, dimanche, devant l'hôtel de ville pour qu'ils puissent exposer leurs engagements.

Le porte-parole du MMF, le comédien Denis Trudel, espère que l'exercice va permettre de remettre le français à l'avant-scène, car cet enjeu a été, à son avis, « un peu évacué » durant la campagne électorale. Or, à ses yeux, ce thème est « fondamental » pour que « la culture française puisse vivre à Montréal, puisse s'épanouir ».

M. Trudel pense que bien des politiciens actifs ou en devenir hésitent à s'aventurer sur le terrain linguistique sous prétexte qu'« il y a beaucoup d'anglophones sur le territoire de la Ville de Montréal et que les candidats ont l'impression que s'ils se mouillent pour le français, ils vont s'aliéner cette communauté. »

Denis Trudel souhaite qu'ils se défassent de cette idée et qu'ils arrêtent également de penser que « tout se décide à Québec » lorsque vient le temps d'assurer la protection de la langue.

« À Montréal, il y a des fonctionnaires, il y a de l'affichage, il y a des communications avec les citoyens qui doivent respecter l'esprit de la loi 101 », explique-t-il.

Le porte-parole du MMF ajoute que les futurs élus de Montréal doivent absolument garder en tête que « le français c'est la langue commune » et que, par conséquent, il faut qu'ils s'engagent à en faire la promotion « dans les communications de la Ville, dans les dépliants, dans les réunions du conseil ».

M. Trudel juge que les citoyens ont aussi leur bout de chemin à faire « pour préserver le visage francophone » de la métropole.

Il déplore, d'ailleurs, le fait que le Montréalais moyen est plutôt mou quand vient le temps de défendre le français.

Pour que les choses puissent éventuellement changer, il soutient que la mentalité collective devra évoluer.

« J'ai l'impression que, linguistiquement parlant, les francophones sont restés un peu colonisés. On voit encore l'anglais comme la langue du maître. Souvent, on a de la misère à se planter les deux pieds à terre pour dire ça va se passer en français », précise-t-il.

S'il faut en croire M. Trudel, le résultat de ce complexe d'infériorité est que « dès qu'il y a quelques francophones qui rencontrent un anglophone, tout le monde se met à jaser en anglais comme si ça nous élevait de parler en anglais ».

La Presse Canadienne

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