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Plusieurs milliers de pro Janettes manifestent au centre ville de Montréal (VIDÉO)

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MONTRÉAL - Quelques milliers de personnes ont manifesté samedi en faveur du projet péquiste de charte des valeurs, à Montréal, à l'occasion d'un rassemblement organisé par les Janettes, les signataires d'une lettre ouverte appuyant le projet charte réunies sous l'égide de Janette Bertrand.

Chaudement emmitouflés et protégés par des parapluies, les manifestants sont partis de l'Esplanade du Quartier des spectacles, dans le centre-ville, pour se diriger vers le parc La Fontaine, un peu plus à l'est.

Scandant des slogans favorables à l'égalité hommes-femmes et à la neutralité de l'État, les partisans du projet de charte s'agglutinaient derrière quelques-unes de ces Janettes, à savoir l'ex-leader étudiante Martine Desjardins; l'animatrice Julie Snyder; l'auteure Djemila Benhabib - candidate péquiste dans Trois-Rivières défaite aux dernières élections - ; ou encore la scénariste et femme de Bernard Landry, Chantal Renaud. Mme Bertrand elle-même a prononcé quelque mots sur la Place des festivals, mais n'a pas participé à la marche en tant que telle.

Si plusieurs manifestants disaient appuyer, dans son intégralité, le projet de charte des valeurs présenté par le ministre péquiste Bernard Drainville, d'autres ont fait part de réserves, et ont laissé entendre que le projet devrait faire l'objet de modifications, y compris sur la question des exemptions qui seraient accordées à certaines institutions.

«[Je suis là parce que] je suis d'accord avec le message de Mme Bertrand, c'est-à-dire que nous voulons que les femmes soient libres, et nous ne pensons pas que ces femmes-là le sont vraiment», lance tout de go Lise Rousseu, l'une des manifestantes réunies sur la Place des festivals.

À ses yeux, d'ailleurs, la charte des valeurs ne servira pas que d'exemple au Québec, mais «partout ailleurs dans le monde».

Mme Rousseu estime que le débat sur les valeurs québécoises concerne «toutes les femmes opprimées par les religions».

«Mais ce qu'on voit, ce sont les voiles, c'est ça qui est le plus impressionnant.»

Certains autres vont quant à eux plus loin que l'esprit de la charte - qui vise à clarifier les normes encadrant les accommodements raisonnables et à interdire le port de signes religieux «ostentatoires» dans la fonction publique -, et considèrent la marche de samedi comme le fer de lance d'un mouvement plus vaste servant à «libérer» les femmes. Les femmes musulmanes, surtout, qui sont considérées comme étant «opprimées».

Au-delà de la «simple» question du port des signes religieux ostentatoires, donc, la marche de samedi était perçue, par certains participants, comme le début de la lutte à l'intégrisme et l'extrémisme, voire la reprise de la lutte contre la religion qui a débuté lors de la Révolution tranquille, dans les années 1960.

Si les manifestants prenaient particulièrement à coeur cette question de «libération» du «carcan» religieux, peu d'entre eux semblaient prêts à ce que ce dossier se retrouve au coeur d'une campagne électorale.

«Disons que pour les élections, je ne suis pas nécessairement d'accord, mais je suis d'accord pour la charte», a laissé tomber Mme Rousseu, légèrement mal à l'aise.

Pour d'autres, le sujet doit être «élevé» au-dessus de la mêlée partisane qu'est la sphère politique.

«La charte ne devrait pas être politisée», a lancé un manifestant, et ce même si le projet en question a été présenté par un ministre du Parti québécois.

La marche a été interrompue pendant quelques secondes par un trio de femmes à la poitrine dénudée et se réclamant du mouvement Femen. S'installant

à l'avant de la procession, elles ont brandi des pancartes où l'on pouvait lire que «le féminisme est aussi laïc».

Les trois femmes étaient étroitement surveillées par des policiers à vélo, et les gens se montrant un peu trop curieux étaient écartés sans autre forme de procès.

Une fois au parc La Fontaine, la manifestation a semblé hésiter, sous le coup d'un cafouillage de l'équipe d'organisation, avant de prendre fin tout près de la statue signalant l'entrée du parc donnant sur la rue Sherbrooke.

Là, Djemila Benhabib a rappelé que, ironie du sort, des femmes saoudiennes avaient tenté samedi de manifester pour réclamer le droit de conduire, avant de devoir annuler l'événement.

«Oui à un Québec laïc et pluriel», a-t-elle lancé sous les applaudissements de la foule.

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