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Il n'y aura pas d'élections générales cet automne, tranche Pauline Marois

26/10/2013 12:38 EDT | Actualisé 26/12/2013 05:12 EST

SAINT-MICHEL-DES-SAINTS, Qc - Il n'y aura pas d'appel aux urnes cet automne.

La première ministre Pauline Marois a mis fin au suspense samedi à l'issue d'une réunion extraordinaire de deux jours du conseil des ministres dans une auberge isolée en forêt à Saint-Michel-des-Saints, dans Lanaudière.

«Mon gouvernement ne souhaite pas d'élections générales en 2013, nous avons un mandat que la population nous a confié et nous allons l'assumer», a tranché Mme Marois à l'occasion d'un court point de presse au terme de la retraite fermée des membres de l'exécutif.

Après avoir multiplié les annonces et soufflé le chaud et le froid au sujet d'un scrutin hâtif ces dernières semaines, la première ministre a conclu qu'il valait mieux éviter de tester l'électorat, du moins pour l'instant.

«Nous avons pris cette décision parce que nous croyons que plusieurs de nos politiques doivent donner les résultats attendus par la population. On nous a accusés depuis quelques semaines de vouloir faire de l'électoralisme avec les annonces de grandes politiques mises de l'avant, or c'est le résultat d'une année de réflexion», a-t-elle expliqué.

De «grands projets» seront présentés dans les prochains jours et les prochaines semaines, a relaté Mme Marois, citant en exemple le projet de loi identitaire sur la charte des valeurs, la politique d'électrification des transports et les mesures attendues au chapitre de la solidarité sociale.

À cela s'ajoutent la lutte que veut mener le gouvernement péquiste contre la contestation judiciaire d'Ottawa sur la majorité référendaire (loi 99) et les autres pommes de discorde qui opposent le Québec au gouvernement Harper. Parmi celles-ci figure la nomination controversée du juge Marc Nadon — qui n'habite pas le Québec — à titre de juge «québécois» à la Cour suprême du Canada.

«C'est un recul pour le Québec que nous n'acceptons pas. Nous allons donc continuer à défendre les intérêts des Québécois sur tous les fronts vis-à-vis Ottawa. Nous sommes en discussion avec le fédéral aussi pour que celui-ci assume sa responsabilité à l'égard de Lac-Mégantic pour qu'il partage avec nous les frais liés à l'aide que nous apportons aux citoyens. Le pont Champlain est un autre dossier pour lequel nous croyons que le fédéral doit assumer pleinement ses responsabilités», a-t-elle dit.

À défaut d'un scrutin général, la première ministre annoncera, dès le lendemain des élections municipales le 3 novembre, la tenue d'élections complémentaires avant la période des Fêtes dans les circonscriptions de Viau et d'Outremont.

Pour forcer la main au chef libéral Philippe Couillard — qui a déjà annoncé son intention de se porter candidat dans Roberval — Mme Marois a indiqué que le Parti québécois ne présentera pas de candidat dans le comté montréalais de Viau, une forteresse libérale, où les chances du parti gouvernemental de l'emporter sont nulles.

«Nous ne lui opposerons aucun autre candidat si celui-ci veut se présenter. Nous croyons qu'il en va de sa responsabilité d'agir de cette façon. Je l'invite donc à y réfléchir très sérieusement et à venir assumer sa responsabilité au sein de notre institution démocratique qu'est l'Assemblée nationale», a-t-elle dit.

La chef péquiste a vanté la «cohésion» et la «solidarité sans faille» de son équipe ministérielle. Les membres du gouvernement ont débattu jusqu'à tard vendredi soir de l'opportunité de plonger le Québec en élection cet automne dans l'espoir d'obtenir un mandat majoritaire. Les tenants de la patience ont obtenu gain de cause.

En avant midi, samedi, le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, a résumé la conclusion des débats.

«On est un gouvernement minoritaire, on ne contrôle pas totalement l'agenda, mais je vous dit que nous, nous avons de grandes réformes à entreprendre, nous continuons à les faire, nous avons beaucoup de travail à faire (...) Et j'ai compris que les Québécois ne veulent pas d'une élection non plus, d'après ce que je comprends», a-t-il déclaré.

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