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Le Brésil veut garantir la protection de la vie privée de tous en ligne

25/10/2013 09:21 EDT | Actualisé 25/12/2013 05:12 EST

Le Brésil a annoncé vendredi qu'il travaillait avec d'autres pays sur un projet de résolution qui serait présenté à l'Assemblée générale de l'ONU et qui viendrait garantir le droit à la vie privée des populations en matière de communications électroniques.

Cela fait suite à une série d'articles concernant des allégations d'espionnage effectué par les États-Unis à l'encontre de leaders étrangers, entre autres, qui ont surpris et choqué des alliés de Washington.

La présidente brésilienne Dilma Rousseff s'est particulièrement impliquée dans ce dossier. Fait rare, elle est même allée jusqu'à annuler une visite d'État à Washington après que des documents secrets coulés par l'ancien consultant de l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) Edward Snowden eurent démontré que son ex-employeur avait piraté le réseau informatique de la compagnie pétrolière étatique brésilienne Petrobras, en plus de recueillir des données sur les courriels et les appels téléphoniques transmis au pays.

Des diplomates latino-américains et européens ont mentionné que le Brésil et l'Allemagne menaient les efforts concernant le projet de résolution. La chancelière allemande Angela Merkel et d'autres leaders européens ont exprimé leur colère, cette semaine, après des informations voulant que la NSA aurait surveillé le téléphone cellulaire de Mme Merkel, et passé au crible des millions d'appels téléphoniques effectués en France.

La résolution de l'Assemblée générale ne sera pas contraignante, mais serait considérée comme une autre expression de la désapprobation envers le présumé espionnage américain.

Vendredi, le ministre brésilien des Affaires étrangères a confirmé que son gouvernement travaillait à un projet de résolution.

«Ce que je peux vous dire, c'est que la délégation brésilienne aux Nations unies a rédigé une proposition appelant au droit à la vie privée en ligne», a déclaré un porte-parole.

Washington a de son côté argué qu'il était nécessaire d'intercepter de grandes quantités de données électroniques pour combattre efficacement le terrorisme, mais la Maison-Blanche a fait savoir qu'elle évaluait les inquiétudes des pays étrangers dans le cadre d'un réexamen des méthodes de collecte d'informations par les agences américaines.

Un diplomate d'une importante nation européenne, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat en raison du caractère préliminaire du texte de la résolution, dit s'attendre à ce que la résolution soit facilement adoptée à l'Assemblée générale, puisqu'elle ne comprendra pas de termes «offensants» pour quelque pays que ce soit, particulièrement les États-Unis.

Toujours selon ce diplomate, la résolution développerait davantage le droit à la vie privée garanti par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui est entré en vigueur en 1976.

Le projet de résolution serait transmis d'ici une semaine au sous-comité de l'Assemblée générale qui s'occupe des questions sociales, humanitaires, culturelles et des droits de l'homme, puis à l'Assemblée générale comme telle pour y être évaluée à la fin novembre.

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