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244 000 immigrants haïtiens menacés d'expulsion en République dominicaine

25/10/2013 12:49 EDT | Actualisé 25/12/2013 05:12 EST
AP
Demonstrators chant slogans outside the Dominican Republic's embassy to protest the country's new law that denies citizenship to the children of Haitian migrants living in the Dominican Republic, in Petion-Ville, Haiti, Tuesday Oct. 8, 2013. In September, the Dominican Republic's Constitutional Court ruled that it will block citizenship for thousands of people born to immigrants without residency permits since 1929. (AP Photo/Dieu Nalio Chery)

La République dominicaine, cet État insulaire des Antilles, menace d'expulser 244 000 immigrants haïtiens, même si certains y vivent depuis des décennies.

C'est que la Cour constitutionnelle de République dominicaine a tranché : les enfants d'Haïtiens nés en République dominicaine depuis 1929 ne sont pas des Dominicains.

Au total, c'est donc la moitié des quelque 485 000 immigrants haïtiens du pays, des sans-papiers en majorité, qui pourraient se voir reconduire aux frontières. La République dominicaine partage d'ailleurs sa seule frontière terrestre avec Haïti.

Tout a commencé avec la poursuite d'une jeune mère de deux enfants, Juliana Deguis Pierre. Elle s'est fait retirer la citoyenneté dominicaine en 2008 sous prétexte qu'elle n'avait pas d'acte de naissance valide.

Pourtant, la femme n'a jamais mis les pieds en Haïti. Son père avait émigré en République dominicaine dans les années 1970 pour travailler dans les plantations de cannes à sucre.

Impacts sur l'économie dominicaine

Si Saint-Domingue met ses menaces à exécution, les dizaines de milliers d'expulsés deviendraient apatrides, car ils n'ont pas la nationalité haïtienne.

Une telle expulsion de masse porterait aussi un dur coup à l'économie dominicaine. Les Haïtiens y effectuent bien souvent les travaux difficiles dans différents secteurs d'activités, notamment en agriculture, dans le textile et dans l'industrie touristique.

Dans les plantations de cannes à sucre, les coupeurs de cannes touchent l'équivalent de 1,25 $ pour une tonne coupée, selon Amnistie internationale. Dans les faits, ils recevraient des coupons qui leur donnent accès à des boutiques.

De son côté, l'ONU tire la sonnette d'alarme expliquant qu'Haïti est incapable d'accueillir ce flot de réfugiés, ce pays étant déjà en crise humanitaire quasi permanente.

Solidarité canadienne

Des Haïtiens de Montréal en appellent maintenant à la solidarité des Canadiens. Ils demandent de boycotter la République dominicaine, au moment de choisir une destination soleil.

Mercredi, une trentaine de personnes ont manifesté devant le consulat de la République dominicaine à Montréal pour dénoncer cette situation.

Le consulat a réagi par voie de communiqué. Il précise que le gouvernement dominicain mettra sur pied un bureau pour examiner, un à un, les dossiers de tous les Haïtiens concernés avant de décider s'ils seront expulsés ou non.

D'après les informations de Sophie Langlois

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