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Grèce: la mystérieuse fillette est la fille de la gitane bulgare

25/10/2013 10:04 EDT | Actualisé 25/12/2013 05:12 EST

NIKOLAEVO, Bulgarie - Le mystère a été élucidé, mais l'avenir de la mystérieuse fillette «Maria» demeure incertain.

Des analyses génétiques ont prouvé que des Gitans bulgares vivant dans un village pauvre avec leurs neuf autres enfants sont les parents biologiques de la fille retrouvée en Grèce en compagnie d'un autre couple gitan.

Les profils génétiques de la femme de 35 ans, Sasha Ruseva, et de son mari Atanas correspondent à celui de Maria, a indiqué vendredi un porte-parole du ministère bulgare de l'Intérieur, Svetlozar Lazarov.

Mme Ruseva a expliqué avoir accouché d'un enfant en Grèce il y a quatre ans, mais l'avoir remis à un autre couple parce qu'elle était trop pauvre pour s'en occuper. Elle a depuis eu deux autres enfants.

Maria a été confiée à une agence caritative depuis qu'elle a été retrouvée lorsque la police grecque a perquisitionné un campement gitan la semaine dernière et découvert qu'elle n'était pas la fille des Gitans grecs avec qui elle habitait. Une chasse internationale avait été lancée pour retracer ses parents.

Des groupes de défense des droits de la personne craignent que la couverture médiatique de l'affaire et les décisions prises par les responsables ne viennent alimenter encore davantage le racisme dont fait déjà l'objet la minorité gitane en Europe, qui compte quelque 6 millions d'individus.

Le bureau du procureur bulgare et les dirigeants grecs tentent maintenant de déterminer «si la mère a accepté de vendre son enfant», a ajouté le ministère de l'Intérieur par voie de communiqué.

La famille Rusev habite une maison délabrée, au plancher de boue, près du village bulgare reculé de Nikolaevo, à environ 280 kilomètres à l'est de la capitale, Sofia.

Le couple de Gitans grecs, qui a été placé en détention, est accusé d'avoir enlevé Maria et de fraude. Leur avocat a indiqué vendredi qu'ils comptent demander la garde de Maria.

«Nous sommes très, très heureux de cette issue, parce que ça prouve ce que nous disons depuis le début (...) que l'adoption, telle qu'elle s'est déroulée, n'était pas de nature juridique, mais que ce n'était pas un enlèvement, a dit Costas Katsavos à l'Associated Press. Maintenant que la mère biologique a été retrouvée, nous allons de nouveau demander, par les canaux appropriés, la garde de la petite Maria, que la famille voit comme son propre enfant.»

L'agence grecque qui s'occupe de Maria n'a pas commenté.

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