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Espionnage par les États-Unis: l'Union européenne veut passer à autre chose

25/10/2013 09:02 EDT | Actualisé 25/12/2013 05:12 EST

BRUXELLES - Les responsables du renseignement allemand se rendront à Washington sous peu pour discuter avec des dirigeants américains des allégations d'espionnage qui ont semé la colère en Europe, y compris des informations selon lesquelles le téléphone portable de la chancellière Angela Merket aurait été placé sous écoute.

Les directeurs des services allemand du renseignement étranger et domestique discuteront avec des représentants de la Maison-Blanche et de l'Agence nationale de sécurité, a indiqué vendredi un porte-parole du gouvernement, Georg Streiter.

M. Streiter n'a pas spécifié à quel moment le voyage aurait lieu, expliquant simplement qu'il était en préparation «dans des délais très courts». Il a ajouté que la composition exacte de la délégation n'avait pas encore été finalisée.

Les leaders de l'Union européenne se sont engagés vendredi à préserver leurs liens avec les États-Unis, en dépit de la colère suscitée par les allégations d'espionnage américain de grande ampleur.

La France et l'Allemagne exigent que les États-Unis acceptent dès cette année que de nouvelles règles encadrant la surveillance, pour empêcher l'espionnage des dirigeants, des civils innocents et des compagnies.

«Nous cherchons un point de départ pour la coopération entre nos services (de renseignement), dont nous avons besoin et de qui nous recevons beaucoup d'information (...) transparente, claire et en respect avec notre partenariat», a dit Mme Merkel.

Une porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche a indiqué que les Allemands seraient les bienvenus, mais a refusé de dire quelles concessions Washington pourrait consentir pour calmer cette tempête qui, selon le quotidien britannique The Guardian, pourrait impliquer jusqu'à 35 leaders étrangers.

«Des responsables allemands prévoient se rendre à Washington au cours des prochaines semaines et le gouvernement des États-Unis a hâte de les rencontrer, a dit Caitlin Hayden. Nous anticipons plusieurs rencontres (...), mais nous n'avons rien de précis à annoncer en ce moment.»

Plusieurs leaders européens ont souligné que les liens politiques et commerciaux étroits qui unissent l'Europe aux États-Unis doivent être protégés, au moment où les nations de l'Union européenne demandent des garanties au président Barack Obama.

«C'est la protection de nos relations avec les États-Unis qui est en jeu, a dit le président français François Hollande. Il sera nécessaire de rétablir et de renforcer la confiance.»

«Le plus important est de nous tourner vers l'avenir», a dit la présidente de la Lituanie, Dalia Grybauskaite, dont le pays occupe la présidence tournante de l'Union européenne.

Mme Merkel et M. Hollande ont insisté sur l'importance pour Washington et ses alliés européens de s'entendre sur des règles communes qui encadreront la surveillance, sans porter atteinte aux droits fondamentaux des Européens.

«Les États-Unis et l'Europe sont des partenaires, mais ce partenariat doit s'appuyer sur la confiance et le respect, a dit Mme Merkel vendredi. Cela implique aussi, évidemment, le travail de nos services respectifs du renseignement.»

La visite allemande à Washington visera essentiellement à faire la lumière sur ce qui s'est déjà produit. M. Streiter a indiqué que les négociations entourant une nouvelle entente entre les États-Unis, la France et l'Allemagne sont toujours en développement.

«Ce qui sera encadré exactement, comment et de quelle manière ce sera négocié, et par qui, je ne pourrais vous dire aujourd'hui, a-t-il déclaré aux journalistes. Mais vous en entendrez bientôt parler parce que nous faisons des pressions pour que ça se fasse rapidement.»

Les États-Unis disposent déjà d'une entente de partage des renseignements avec le Canada, le Royaume-Uni, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. La France et l'Allemagne rechercheraient un partenariat similaire.

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