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Brazeau dit avoir reçu une offre d'entente en coulisse des conservateurs

25/10/2013 11:04 EDT | Actualisé 25/12/2013 05:12 EST

Le sénateur Patrick Brazeau affirme que le leader du gouvernement au Sénat, Claude Carignan, lui a offert une entente en coulisse, vendredi matin, pour enterrer l'histoire de ses allocations de logement. M. Brazeau a fait cette révélation lors d'une intervention à la Chambre haute du Parlement canadien, vendredi après-midi.

Le sénateur Carignan aurait proposé cette entente à M. Brazeau au cours d'une pause dans les travaux de la Chambre vers 10 h 20, vendredi matin. « On m'a offert une entente secrète et l'entente secrète était que si je me levais dans cette chambre pour m'excuser auprès des Canadiens en prenant l'entière responsabilité de mes actes, la sanction de la Chambre serait plus clémente que celle proposée dans la motion du leader du gouvernement au Sénat », a déclaré Patrick Brazeau.

Claude Carignan nie avoir fait une proposition formelle à son collègue, mais admet avoir tâté le terrain. « Il aurait pu dire : "je propose d'avoir six mois [de suspension] et je m'excuse auprès des Canadiens pour le trouble que j'ai fait" ».

Le Sénat réclame 48 000 $ au sénateur Brazeau pour des allocations de logement réclamées indûment.

Les deux hommes avaient croisé le fer en Chambre plus tôt en avant-midi. « [Est-ce que vous] pouvez me dire exactement dans la politique, qui m'a été référée par l'administration, quelle politique exactement j'ai enfreinte », avait déclaré M. Brazeau en Chambre. « [...] Dans un deuxième temps, est-ce que tu peux me citer, dans n'importe quelle politique du Sénat, où il y a un certain pourcentage [...] qu'il faut passer dans la résidence principale pour ne pas contrevenir à aucune politique. »

« Des statistiques, dans votre dossier, au niveau de la présence, démontrent un niveau très élevé de présence à Ottawa et dans la région de Gatineau par rapport à la région de Maniwaki », avait répliqué M. Carignan. « Donc, c'est une question d'intention et d'habitude de vie ou d'endroit où vous vous situez. Il n'y a pas de pourcentage. »

La perche tendue par le sénateur Carignan, vendredi, a beau avoir été repoussée, les événements de vendredi semblent indiquer que certains conservateurs sont prêts à des compromis. Mais pas le premier ministre Stephen Harper. « Il n'y a aucun doute sur ce que chacun des trois sénateurs a fait », a-t-il lancé sur les ondes d'une radio de Toronto.

« C'était des discussions de coulisses », a encore précisé le sénateur conservateur Jean-Guy Dagenais à l'émission 24/60 à RDI, vendredi. « Des discussions de coulisses demeurent des discussions de coulisses. On s'en tient au premier plan de suspendre les trois sénateurs sans solde. »

Un vote d'ici mercredi 

Plus tôt, les sénateurs conservateurs ont décidé de couper court aux débats entourant les motions de suspension sans salaire de trois des leurs. Après plusieurs heures de discussions, ils ont convenu de voter mardi ou mercredi prochain.

Le leader libéral au Sénat, James Cowen, dénonce l'empressement des conservateurs.

Des dissensions sont apparues au sein du caucus conservateur, jeudi, quand le sénateur Donald Neill Plett s'est dit en désaccord avec les motions concernant ses trois collègues. Il prévoit voter contre la position de son parti pour la première fois dans sa carrière. Plusieurs sénateurs déplorent qu'on sanctionne les trois sénateurs avant qu'une quelconque culpabilité n'ait pu être établie.

M. Duffy et Mme Wallin ont présenté leur défense mardi et mercredi, écorchant au passage Stephen Harper et quelques sénateurs conservateurs.

Quant à M. Harper, il a dû faire face à un barrage de questions sur ses déclarations et sur ce qu'il savait des dépenses des sénateurs qu'il a lui-même nommés.

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