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Reconstruction de Lac-Mégantic: des travailleurs critiquent la gestion des travaux

23/10/2013 05:10 EDT | Actualisé 24/12/2013 05:12 EST
PC

Certains travailleurs assignés à la reconstruction du centre-ville de Lac-Mégantic critiquent la lenteur des travaux. Ils dénoncent la confusion sur le site et le fait que des employés se tournent les pouces.

Michel a travaillé un mois sur le site pour l'entreprise de nettoyage JBM. « On n'était pas les seuls qui se pognaient le derrière là-dedans. Des camions qui tournaient en rond, il y en avait plein. La dernière journée, c'était terrible. On devait avoir travaillé 45 minutes dans la journée et on était huit dans le groupe », raconte-t-il.

Michel dit avoir démissionné le 9 septembre. « Vers 13 h, mon chef d'équipe a demandé à me voir. Il a dit de reculer la barge de cent pieds. Quand j'ai demandé pourquoi, il m'a expliqué que nos travaux avançaient trop vite et qu'on se retrouverait au chômage avant le temps. J'ai déposé mes outils et je suis parti », ajoute Michel.

La situation se répète

Plusieurs travailleurs sont sur le chantier sept jours sur sept. Ils sont payés 15 dollars l'heure en semaine, le double la fin de semaine. 

Manuel Blais, qui travaillait pour RSR Environnement, soutient aussi avoir été payé à ne rien faire. « Je voulais aider, contribuer au nettoyage de ma ville. Comme j'ai de l'expérience en décontamination de sol aux hydrocarbures, je pensais pouvoir apporter ma part là-dedans. Je n'ai pas senti que j'ai fait une seule minute de travail utile », confie-t-il.

Michel Blais a été congédié le 19 septembre, soit deux jours après son embauche. Selon lui, son congédiement est dû au fait qu'il posait trop de questions. « Tout ne peut pas rouler rondement tout le temps. Moi, ce que je dénonce, c'est qu'il y a des compagnies sur le site qui ont trop d'employés », avance-t-il.

« On nous a demandé d'aller changer les clôtures de couleur parce qu'il y en avait de toutes les couleurs et que de toute façon il n'y avait pas beaucoup de choses à faire », ajoute Manuel Blais.

Plusieurs travailleurs, dont certains sont toujours sur le chantier, nous ont parlé à micro fermé des mêmes problèmes et des tâches qui leur semblent parfois inutiles.

L'entreprise se défend

L'entreprise JBM, qui embauche une trentaine d'employés sur le site, a une autre version des faits. « On est géré à la fois par le ministère de l'Environnement, par la Ville de Lac-Mégantic et par Pomerleau. Ça rend ça plus complexe et les décisions sont plus longues à prendre, mais ce sont des bonnes décisions », soutient José Antonio Bello Morales, fondateur de l'entreprise Services environnementaux JBM.

Quant à RSR Environnement, l'autre entreprise concernée, elle nous réfère à Pomerleau, la firme engagée par Québec pour gérer les 13 entreprises et les 300 employés sur le site. Pomerleau nous dirige vers le ministère de l'Environnement.

« On est préoccupé par ça, c'est clair. Si vous me dites qu'il y en a encore aujourd'hui, moi c'est certain que je vais retourner parler à Pomerleau pour voir si le chantier fonctionne de bonne façon là », assure Paul Benoît, du ministère de l'Environnement.

Le ministère dispose de cinq inspecteurs au quotidien pour faire le suivi des travaux qui coûtent de 4 à 5 millions de dollars par semaine.

Des employés nous ont affirmé que les choses s'améliorent. Pour Manuel et Michel, ce n'est pas suffisant. « Moi, je ne suis pas originaire d'ici. Ça fait juste huit ans que je suis ici, mais c'est chez nous », explique Michel.

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