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Pipeline d'Enbridge : Québec avait envisagé de participer aux audiences

24/10/2013 12:08 EDT | Actualisé 24/12/2013 05:12 EST

Québec avait sérieusement envisagé dès le printemps de participer aux audiences publiques sur le projet d'inversion du pipeline 9B d'Enbridge, avant de faire volte-face à la dernière minute. Il comptait mettre à contribution les ressources de plusieurs de ses ministères, pour s'exprimer notamment sur la sécurité du pipeline.

Le projet d'inversion du pipeline d'Enbridge vers Montréal soulève l'inquiétude de citoyens ainsi que de plusieurs villes sur son tracé, qui y voient un risque pour l'eau potable en cas de déversement.

Le gouvernement de Pauline Marois, qui ne cache pas y voir des bénéfices économiques, préfère en discuter dans le cadre d'une consultation québécoise.

« Ce qui est cependant essentiel, c'est qu'on se donne un mécanisme de validation, de vérification, peut-être même de négation de la possibilité, et que ce mécanisme ait le même poids, la même portée et la même crédibilité », avait déclaré le ministre de l'Environnement Yves-François Blanchet, en décembre dernier.

Mais alors que le ministre rejetait l'idée de prendre part aux audiences publiques de l'Office national de l'énergie (ONE), Québec semblait s'y préparer en coulisse.

Dans une demande formelle déposée au printemps, le gouvernement a annoncé à l'ONE son intention de se prononcer sur les aspects économiques, environnementaux et de sécurité du pipeline. Et ce, en mettant à contribution l'expertise d'au moins quatre ministères, rapports à l'appui.

Il a même réitéré l'intérêt qu'il avait manifesté en septembre, avant de renoncer à une participation à la dernière minute. Surprise et incompréhension du côté d'Equiterre

L'Ontario, où le projet d'inversion du pipeline d'Enbridge suscite beaucoup d'opposition, a profité des audiences pour poser des questions et des conditions sur la sécurité et les risques de déversement. Par son absence, le Québec s'est privé d'influencer la décision de l'ONE, qui a maintenant terminé ses consultations.

Le ministre Yves François Blanchet fait valoir que jamais son ministère n'aurait pris part aux audiences fédérales, et qu'il privilégie toujours une consultation au Québec. Une consultation promise depuis presque un an. Et que les rumeurs d'élections rendent maintenant incertaine.

D'après un reportage de Sylvie Fournier

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