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Les tablettes ont la cote pour s'informer

24/10/2013 05:38 EDT | Actualisé 24/12/2013 05:12 EST

L'arrivée des tablettes électroniques a modifié de façon considérable la façon dont les jeunes Canadiens consomment l'information en ligne, démontre un sondage.

En 2010, seulement trois pour cent des adultes âgés de 18 à 34 ans accédaient aux sites d'information exclusivement à partir d'un appareil mobile, que ce soit une tablette ou un téléphone intelligent.

Voilà qu'à peine deux ans et demi plus tard, ils sont 34 %à le faire, selon les résultats d'une étude réalisée par NADbank (Newspaper Audience Databank).

« C'est énorme. Les tablettes ont été introduites à l'automne 2010, alors peu de gens en possédaient. Il fallait utiliser les téléphones intelligents. En ajoutant les tablettes, c'est un changement majeur », signale la présidente de la firme de recherche, Anne Crassweller.

La croissance devrait d'ailleurs se maintenir, voire s'accentuer, puisque les baby-boomers sont de plus en plus nombreux à emprunter le virage numérique.

Déjà, selon les résultats de la recherche, 24 % des adultes âgés de 35 ans et plus ont opté pour une tablette ou un téléphone intelligent comme support pour consulter les sites d'information.

« Les tablettes ont un gros impact là-dessus », suggère Mme Crassweller.

L'imprimé persiste

Cette progression fulgurante ne se fait cependant pas au détriment des médias imprimés, fait valoir Mme Crassweller en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

Seulement neuf pour cent des répondants consomment exclusivement du contenu en ligne, et ils sont 57 % à demeurer fidèles aux versions imprimées, constate-t-on en parcourant le document produit par NADbank.

L'enquête dresse en fait un bilan de santé fort positif des médias imprimés, dont la mort imminente a été prédite à maintes reprises au cours des dernières années.
Mais de là à dire que l'opération est rentable, il y a un pas, laisse entendre Mme Crassweller.

« Je ne peux pas me prononcer sur les modèles d'affaires et les revenus des journaux. Ce que je sais, c'est que les gens lisent encore des journaux imprimés », s'est-elle contentée de dire.

Les quotidiens gratuits ont peut-être « fait un excellent boulot pour se positionner dans le marché », comme le mentionne Mme Crassweller, mais certains d'entre eux ont tout simplement disparu dans certains marchés.

Comprendre les lecteurs

En juillet, Corporation Sun Media, une filiale de Québecor Média, a annoncé qu'elle cessait de distribuer ses quotidiens gratuits 24 Heures à Ottawa, Calgary et Edmonton.

« Si vous voulons avoir du succès à l'avenir, nous allons devoir investir plus d'argent dans le numérique et les sites Web, et chercher à attirer de nouveaux et jeunes lecteurs », avait alors déclaré Martin Tremblay, porte-parole de Québecor.

En somme, au-delà des supports, des habitudes de consommation du lectorat et de la question de la rentabilité, la conclusion qui se dégage de cette enquête est le fait que les lecteurs sont encore au rendez-vous.

« Les journaux sont encore véritablement pertinents et populaires auprès des Canadiens. Les gens les lisent encore », résume Mme Crassweller.

« Ce que les journaux font, c'est offrir des choix aux lecteurs. Il est très important de comprendre que les journaux ne sont plus seulement imprimés. C'est plus que cela. C'est un contenu qui est distribué par l'entremise de plusieurs plateformes. Elles doivent toutes être prises en considération dans les analyses », souligne-t-elle.

NADbank est une firme de recherche financée par des médias, des entreprises publicitaires et des agences de publicité. Son mandat est de fournir à ses clients des informations sur les habitudes de consommation du lectorat.

Le sondage a été réalisé auprès d'environ 16 000 personnes par téléphone et sur Internet dans neuf centres urbains entre septembre 2012 et juin 2013. La firme ne précise pas sa marge d'erreur, mais assure que ses résultats respectent les normes les plus fiables en la matière.

La Presse Canadienne

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