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Le golfe du Saint-Laurent mal protégé en cas de déversement?

24/10/2013 09:18 EDT | Actualisé 24/12/2013 05:12 EST

Des scientifiques rappellent qu'ils n'existent pas de plan d'urgence coordonné entre les provinces et le gouvernement fédéral en cas de déversement pétrolier dans le golfe du Saint-Laurent. Une centaine de scientifiques se sont penchés sur l'exploitation pétrolière dans le golfe lors d'un congrès à Rimouski, en début de semaine.

« Il n'y a pas de coordination entre les cinq provinces. Ça manque horriblement. C'est du "chacun pour soi" », dit Émilien Pelletier, professeur en océanographie chimique à l'Institut des sciences de la mer de Rimouski, en entrevue à l'émission 24/60. À titre comparatif, les Grands Lacs sont gérés par une commission mixte depuis 1972.

Autre conséquence de ce manque de coordination politique, dit M. Pelletier, la faiblesse des connaissances scientifiques sur le golfe. Pourtant, l'ampleur du gâchis en cas de déversement serait considérable, selon lui. « Le golfe du Saint-Laurent est plus petit que le golfe du Mexique et on est en eau glacée. »

D'ailleurs, aucune étude ne s'est penchée sur les impacts d'un déversement de pétrole en période hivernale. « En hiver, il n'y a pas de moyens techniques pour intervenir. Imaginez du pétrole déversé à travers la glace à 10 degrés sous zéro. La catastrophe va se répercuter jusqu'à la fonte des glaces », prédit M. Pelletier.

« Nous avons besoin de moyens importants pour travailler dans le golfe du Saint-Laurent », plaide l'océanographe, qui constate que les efforts du gouvernement Harper sont davantage tournés vers l'Arctique.

Une éventuelle exploitation des hydrocarbures n'est pas le seul danger qui guette le golfe du Saint-Laurent, ajoute M. Pelletier. Chaque année, des dizaines de pétroliers naviguent sur le fleuve pour se rendre dans les différentes raffineries.

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