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L'avocat de l'opposition en Haïti se dit puni pour ses opinions politiques

24/10/2013 08:21 EDT | Actualisé 24/12/2013 05:12 EST

PORT-AU-PRINCE, Haïti - Une importante figure de l'opposition à Haïti a accusé, jeudi, les autorités d'avoir voulu le punir pour ses opinions politiques en le détenant pendant toute une nuit après avoir été interpellé sur la route.

La détention de l'avocat André Michel avait mené à de violentes manifestations mercredi. Des partisans lui avaient alors «porté secours» au moment même où un juge s'apprêtait à ordonner son transfert dans une prison d'État.

Me Michel a soutenu avoir été accusé d'entrave au travail des policiers après que des agents l'eurent arrêté tandis qu'il était reconduit chez lui, mardi soir. Il a précisé que les policiers avaient voulu fouiller son véhicule mais qu'il avait refusé, soutenant que seul un juge était apte à inspecter la voiture.

Me Michel, qui a, au cours de sa carrière, mis de l'avant des accusations de corruption contre le gouvernement haïtien, a déclaré que le réel motif derrière cet incident était plutôt son travail pour l'opposition.

Il a affirmé que ses «propos dérangent» et que c'était la raison pour laquelle (les autorités) voulaient l'envoyer en prison, mais qu'il disait «la vérité».

L'homme est l'un des rares avocats à prendre en main des dossiers judiciaires s'attaquant au président Michel Martelly. Il est aussi un sympathisant de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide, et a agi comme secrétaire général d'une coalition de partis politiques d'opposition appelée Groupe 77.

Par ailleurs, sa participation à deux récentes manifestations ayant rassemblé des milliers de détracteurs du gouvernement a été remarquée. Le gouvernement Martelly fait l'objet de nombreuses pressions populaires en raison du retard des élections municipales et législatives, qui auraient dû avoir lieu il y a deux ans déjà.

La détention de Me Michel avait incité des dizaines de jeunes hommes à enflammer des barricades dans divers secteurs de la capitale Port-au-Prince.

Certains de ses partisans avaient investi le tribunal et emmené Me Michel alors même qu'un juge s'apprêtait à prononcer un mandat d'arrestation. Plusieurs députés de l'opposition se sont ensuite regroupés pour le transporter dans un véhicule utilitaire sport noir affichant une plaque d'immatriculation de fonctions officielles. La police n'est pas autorisée à intercepter ce type de véhicule.

Le gouvernement Martelly a condamné cet incident sans toutefois le qualifier d'illégal. Me Michel, lui, a nié être un fugitif.

«Ils n'ont pas mis à exécution ce mandat d'arrêt, ils ne m'ont pas envoyé en prison et donc ils ne peuvent me qualifier de fugitif», a-t-il lancé.

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