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Koivu, des souvenirs, une déception

24/10/2013 01:23 EDT | Actualisé 23/12/2013 05:12 EST

Jeudi matin, à Montréal, au gargantuesque point de presse de Saku Koivu. Un journaliste lui demande ce qu'il pense des gens qui mentionnent la possibilité - un peu farfelue - de retirer son chandail numéro 11 à Montréal.

« On regarde les numéros qui sont retirés, ces joueurs-là dans une classe à part », répond-il, un peu mal à l'aise devant la question.

Car malgré ses 641 points dans l'uniforme du Canadien - le 10e total de l'histoire de l'équipe -, Koivu ne sera jamais associé à une époque glorieuse du Canadien. Treize saisons au cours desquelles le Tricolore n'a remporté que quatre séries et n'a jamais franchi le deuxième tour. Elle est justement là, la grande déception du Finlandais.

« Quand tu es un athlète professionnel, peu importe le sport, tu veux gagner. Ce n'est pas un regret, mais je trouve ça malheureux qu'on ne se soit jamais rendus loin en séries. Nous n'avons pas eu une chance légitime de remporter la Coupe Stanley. », a répondu Koivu à la horde de journalistes montréalais, après l'entraînement matinal de jeudi, auquel il n'a pas pris part.

Un flou

Ce qui n'a pas empêché Koivu de connaître une carrière plus qu'enviable à Montréal. Sa popularité a atteint son paroxysme le 9 avril 2002, quand il revenait au jeu après avoir combattu un cancer. L'image de Koivu sur la ligne bleue, ovationné par les spectateurs avant le match, fait d'ailleurs partie du montage présenté au Centre Bell pendant l'hymne national canadien.

La scène était si chargée d'émotions, à l'époque, que Michel Therrien a admis mercredi qu'il avait quitté le banc du Canadien pour se réfugier en coulisses.

« Quand j'étais à la ligne bleue, c'est un peu flou. C'est impossible de décrire comme je me sentais. J'étais ému. Je repensais aux traitements que j'avais reçus au cours des derniers mois et j'avais enfin la chance de rejouer dans la LNH. J'ai revu la scène seulement deux ou trois fois, mais j'en ai entendu parler tellement souvent. Plusieurs personnes m'ont dit qu'il s'agissait du moment le plus émouvant qu'ils ont vu lors d'un match de hockey. »

Et aujourd'hui?

Jeudi soir marquera seulement le deuxième match de Koivu à Montréal dans un uniforme ennemi. Le 22 janvier 2011, il avait obtenu une aide - et trois punitions - dans un gain de 4-3 des Ducks en tirs de barrage.

« Hier, je pensais que je ne serais pas nerveux pour ce match, mais ce n'est finalement pas le cas. Mais c'est un peu plus facile qu'à mon premier retour ici. »

C'est toutefois au centre du troisième trio des Ducks que l'on reverra la fierté de Turku. À 38 ans, on a jugé bon de lui donner des responsabilités différentes. C'est pourquoi il a été limité à deux buts et une passe en neuf matchs jusqu'ici.

« Il joue dans notre meilleur trio défensif et il affronte les meilleurs trios adverses, rappelle l'entraîneur-chef des Ducks, Bruce Boudreau. Ses statistiques ne seront donc pas ce qu'elles étaient. Mais il joue très bien, il écoule les punitions. »

Avec la refonte du calendrier de la LNH, on pourrait revoir l'ancien capitaine du Canadien dès la saison prochaine si, bien sûr, il n'accroche pas ses patins. Contrairement à son compatriote et coéquipier Teemu Selanne, dont la retraite est déjà prévue pour l'été prochain, Koivu dit ne pas avoir encore pris de décision.

« À la fin de la dernière saison, j'ai parlé de mon avenir avec les Ducks. Je voulais voir comment je me sentais physiquement et si je pouvais prolonger ma carrière d'une autre saison. J'ai finalement décidé de revenir. Je ferai la même chose à la fin de la prochaine saison. »

« Je ne sais pas, je pensais que Teemu était fini il y a cinq ans!, a ajouté Boudreau à la blague. Saku a connu une bonne saison l'an passé et il patine encore comme il le faisait. Tant qu'il veut jouer et qu'il reste en santé, il peut continuer à jouer. »

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