NOUVELLES

Des millions de dollars en moins dans les coffres des Rédemptoristes

24/10/2013 01:33 EDT | Actualisé 23/12/2013 05:12 EST

Des révélations inattendues sur les états financiers des Rédemptoristes ont été divulguées jeudi au procès contre des pères de la congrégation. Les victimes ont appris que les actifs des Rédemptoristes ont diminué de près de 70 % depuis l'autorisation du recours collectif.

Ils sont passés de 22 millions de dollars à sept millions entre 2010 et 2012.

Les avocats des victimes, qui réclament des dédommagements pour des agressions sexuelles commises sur d'anciens élèves du Séminaire Saint-Alphonse, soupçonnent la congrégation des Rédemptoristes d'avoir transféré des actifs et se demandent s'il reste encore de l'argent dans les coffres.

Dans une requête confidentielle, les avocats des victimes avaient demandé plus tôt cette semaine de faire geler les actifs des Rédemptoristes. Le juge Édouard Martin de la Cour supérieure a rejeté jeudi leur demande. Dans son jugement, il cite une déclaration assermentée du comptable des victimes qui fait état de la situation.

« L'écart très substantiel de la valeur de l'actif des Rédemptoristes suivant les états financiers 2011 et 2012 par rapport à ceux de 2010, le montant où des transferts de plus de 15 000 000 $ ont été faits (après l'autorisation du recours collectif) et le fait que les états financiers n'indiquent pas la nature de ces transferts me laisse croire que Les Rédemptoristes cherchent à se soustraite à l'exécution d'un éventuel jugement », dit le comptable François Filion.

L'avocat des requérants, Me Serge Létourneau, présentera une injonction interlocutoire la semaine prochaine pour empêcher tout nouveau transfert afin de « stopper l'hémorragie », a-t-il dit.

« Qu'est-ce qu'il reste ? », se demande le principal requérant du recours, Frank Tremblay. « À la fin de 2012, il en restait. Est-ce qu'il reste encore les mêmes montants ? Est-ce qu'on en a fait disparaître davantage ? C'est ce qu'on tente d'obtenir, c'est ce qu'on ne veut pas nous donner depuis le début. »

En avant-midi, le juge Claude Bouchard avait d'ailleurs donné raison aux avocats des victimes qui réclament des états financiers plus récents des Rédemptoristes.

Les avocats de la congrégation religieuse prétendaient qu'il était prématuré de fournir ces documents et qu'il valait mieux attendre une condamnation éventuelle. Le juge croit le contraire.

Toutefois, les avocats des victimes n'auront peut-être pas les informations financières qu'ils demandent, du moins pour l'instant. Les avocats ne s'entendent pas sur les documents qui doivent être transmis et le juge devra trancher la question.

Un ancien directeur dit n'avoir rien vu

Plus tôt dans la journée, un ancien directeur du Séminaire Saint-Alphonse de Saint-Anne-de-Beaupré a témoigné. Le père Jean-Marie Côté, 90 ans, assure qu'il n'a jamais été témoin de gestes inappropriés de la part de ses collègues et qu'il n'a jamais entretenu le moindre doute.

Le recours civil vise neuf Rédemptoristes de l'ancien Séminaire pour des agressions sexuelles commises sur des élèves entre 1960 et 1987. Le père Côté a dirigié l'école de 1960 à 1967.

C'est lui qui a choisi le père François Plourde pour lui succéder à la direction du Séminaire. Ce père est l'un des religieux contre qui pèsent des allégations d'agressions sexuelles. Il s'est suicidé dans les années 80.

Avec une pointe d'émotion dans la voix, Jean-Marie Côté a soufflé à la cour que ces allégations l'ont beaucoup étonné, avant de se questionner. « C'est la nature humaine, je ne sais pas... », a-t-il mentionné.

Le religieux venait de décrire le père Plourde comme un type brillant, mesuré et calme. « Un homme de confiance », a-t-il résumé.

 

PLUS:rc