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Au coeur du système secret de SNC-Lavalin

24/10/2013 07:04 EDT | Actualisé 24/12/2013 05:12 EST

SNC-Lavalin a-t-elle construit son empire en Afrique du Nord en distribuant des pots-de-vin? Après les révélations du printemps arabe en Libye et en Tunisie, c'est la question que se pose l'émission Enquête.

C'est l'Algérie, un pays où la firme d'ingénierie canadienne est présente depuis plus de 30 ans, qui est mise en cause. Dans la dernière décennie, SNC-Lavalin a obtenu pour plus de 4 milliards de dollars en contrats, dont un avec Simard-Beaudry, une entreprise qui appartenait alors à Tony Accurso.

Or, quelques-uns de ces contrats sont sous la loupe de la justice algérienne, dont ce contrat de Simard-Beaudry.

Voici un extrait de l'émission Enquête :

*** Pour visionner l'extrait sur un appareil mobile, cliquez ici.

Enquête a été une des rares équipes de télévision à être admise en Algérie, au grand mécontentement de SNC-Lavalin. Et les téléspectateurs peuvent voir comment il n'est pas facile de filmer en Algérie.

Pouvoir militaire, argent et politique : enquête au cœur du système secret mis en place par SNC-Lavalin dans le plus grand pays du Maghreb.

LES ACTEURS IMPLIQUÉS

1. RIADH BEN AÏSSA

  • Février 2012 : Riadh Ben Aïssa, vice-président de la division Construction, démissionne de son poste.
  • Avril 2012 : La Gendarmerie royale du Canada (GRC) perquisitionne au siège social de SNC-Lavalin, suite à une demande d'entraide judiciaire de la Suisse.
  • Avril 2012 : Riadh Ben Aïssa est arrêté et emprisonné en Suisse. Il est soupçonné de corruption, d'escroquerie et de blanchiment d'argent en lien avec des affaires conclues en Afrique du Nord.
  • Février 2013 : Le Québec (Bureau de lutte à la corruption et à la malversation) l'accuse de fabrication de faux, de fraude envers le gouvernement, de commissions secrètes et de recyclage des produits de la criminalité, dans le dossier du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

2. PIERRE DUHAIME

  • Mars 2012 : Pierre Duhaime, PDG de SNC-Lavalin, prend sa retraite de façon inattendue. SNC lui paie une indemnité de départ de 5 millions de dollars.
  • Une enquête interne de SNC- Lavalin dévoile que des sommes ont été dépensées pour obtenir deux projets : 33,5 millions $US et 22.5 millions $US.
  • Novembre 2012 : M. Duhaime est arrêté par l'escouade Marteau.
  • 11 Février 2013 : Il est accusé de complot, fraude et usage de faux, relativement à une fraude alléguée au CUSM entre 2009 et 2011.
  • 27 FÉVRIER 2013 : De nouvelles accusations sont portées contre lui : fabrication de faux, fraude envers le gouvernement, commissions secrètes, recyclage des produits de la criminalité. Les accusations sont autorisées par le Bureau de lutte à la corruption et à la malversation.

3. SAMI BEBAWI

  • Mai 2012 : les comptes et les biens immobiliers de Sami Bebawi, ancien vice-président de SNC-Lavalin et supérieur de Riadh Ben Aïssa jusqu'en 2006, sont saisis par la GRC de même que les maisons de ses enfants. Selon l'affidavit de la GRC, Sami Bebawi aurait détourné 33 millions de dollars. M. Bebawi s'est réfugié à Dubaï. Aucune accusation n'a encore été portée.

4. FARID BEDJAOUI

  • Les autorités suisses et italiennes soupçonnent le Canadien Farid Bedjaoui d'avoir servi d'intermédiaire dans des paiements suspects de près de 200 millions de dollars provenant de diverses entreprises.
  • SNC-Lavalin ferait partie du lot, mais également Saipem, une importante compagnie de services pétroliers, filiale du groupe pétrolier italien ENI.
  • L'Algérie et l'Italie ont lancé un mandat d'arrêt international contre lui. Il est soupçonné de malversations, de corruption et de détournement de biens publics. Il s'est réfugié à Dubaï.

5. KEVIN WALLACE

  • 10 décembre 2012 : Kevin Wallace quitte son poste de président-directeur général de Candu Energie, une filiale à part entière de SNC-Lavalin. Son nom est lié à des allégations de corruption au Bangladesh, alors qu'il était à la tête de la division internationale de SNC-Lavalin.
  • 8 mars 2013 : M. Wallace poursuit SNC-Lavalin pour congédiement illégal. Il réclame 3,69 millions de dollars.
  • Septembre 2013 : Il est accusé, en vertu de la Loi canadienne, d'avoir corrompu des fonctionnaires étrangers dans le cadre du projet de construction du pont Padma, au Bangladesh.

6. RAMESH SHAH et MOHAMMAD ISMAIL

  • Février 2012 : ces deux anciens employés de SNC-Lavalin à Toronto, sous la responsabilité de Kevin Wallace, sont inculpés dans l'affaire du pont au Bangladesh financé par la Banque mondiale en vertu de la Loi canadienne sur la corruption d'agents publics étrangers.
  • Avril 2012 : SNC-Lavalin et une centaine de ses filiales sont radiées par la Banque mondiale de tous les appels d'offres pour des projets financés par l'institution pendant les 10 prochaines années.

7. STÉPHANE ROY

  • Février 2012 : Stéphane Roy, vice-président finance de la division Construction de SNC-Lavalin, est congédié. Son nom est lié à plusieurs actes de corruption pour lesquels la justice suisse et la justice canadienne enquêtent présentement.
  • Février 2013 : Il poursuit SNC-Lavalin pour un million de dollars, alléguant que tous ses agissements avaient été faits au vu et au su des dirigeants de la firme et que « la pratique courante était de faire tout le nécessaire incluant le paiement de "commissions" et autres bénéfices pour obtenir des contrats, incluant en Libye ».

8. JOSEPH SALIM

  • Janvier 2013 : Joseph Salim, vice-président principal et directeur général de la division Hydro, est congédié en raison de commissions non conformes dans un projet de réfection d'un barrage en Angola.
  • Mars 2013 : Il poursuit SNC-Lavalin pour congédiement abusif et réclame 1,25 million de dollars à l'entreprise.

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